La colline d’Ali Taher, dans le Sud-Liban, est devenue l’épicentre d’un affrontement militaire et politique entre Israël et le Hezbollah. Son contrôle offrirait à Tsahal une position dominante sur une région clé, tout en mettant à mal la stratégie de « Résistance » du mouvement chiite.
Une colline transformée en bastion militaire
Ali Taher, modeste élévation de 700 mètres dans le relief accidenté du Sud-Liban, n’est pas une cible anodine. Dominant la vallée du Litani, la ville de Nabatiyé et les hauteurs de Jezzine, elle offre une vue stratégique sur les axes de communication et les infrastructures du Hezbollah. Selon l’armée israélienne, la colline abrite un complexe souterrain comprenant des installations de commandement, des dépôts d’armes et des capacités de stockage de missiles et de drones. Des dizaines de combattants du Hezbollah et des Gardiens de la révolution iraniens y seraient retranchés, selon des sources sécuritaires libanaises et israéliennes.
Un siège méthodique pour briser la résistance
Depuis la prise du château de Beaufort fin mai, Israël a intensifié ses opérations autour d’Ali Taher. Les bombardements répétés et le blocus des accès visent à affamer les combattants retranchés et à les priver de renforts. Pourtant, les tentatives israéliennes de progresser vers la colline se heurtent à une résistance acharnée : quatre soldats, dont un commandant de bataillon, ont été tués lors d’une embuscade le 19 juin. D’autres attaques ont depuis blessé des militaires israéliens, illustrant la détermination du Hezbollah à tenir cette position.
Enjeux militaires et politiques d’une bataille
La chute d’Ali Taher aurait des conséquences majeures. Pour Israël, elle permettrait d’étendre sa surveillance au nord du Litani et de couper des axes de ravitaillement essentiels au Hezbollah. Pour le mouvement chiite, la perte de cette colline fragiliserait son discours fondateur : celui d’une « Résistance » capable de protéger le Liban par les armes. Cette défaite symbolique s’ajouterait à celle du château de Beaufort, déjà perçue comme un tournant dans l’équilibre des forces.
Washington tente de limiter les dégâts diplomatiques
Les États-Unis, médiateurs dans les négociations entre Israël et le Liban, cherchent à éviter une escalade. Selon des sources citées par Haaretz, Washington pourrait donner son feu vert à une offensive israélienne contre Ali Taher, à condition qu’elle reste limitée pour ne pas compromettre les pourparlers en cours. Ces discussions, engagées depuis avril sous l’égide américaine, achoppent notamment sur le retrait israélien du Sud-Liban et le désarmement du Hezbollah. Une proposition américaine visant à céder Ali Taher à l’armée libanaise en échange de garanties israéliennes a été rejetée par Benjamin Netanyahu, soucieux d’éviter tout bénéfice politique pour le Hezbollah ou ses alliés.
Les propos ambigus de l’ambassadeur américain à Beyrouth, Michel Issa, évoquant une « évolution sur le terrain dans les deux prochains jours », laissent présager une accélération des événements. Le Hezbollah, de son côté, refuse de se rendre, tandis qu’Israël semble déterminé à mener l’assaut final.