Une enquête du quotidien The Standard met en lumière des pratiques suspectes d’obtention de documents d’identité et de cartes d’électeur kenyanes par des ressortissants ougandais. Au cœur du débat, le National Registration Bureau et la Commission électorale indépendante (IEBC) sont appelés à expliquer des failles potentielles du système d’enregistrement avant les élections générales de 2027.
Une session d’enregistrement massive à Kibra
Le 24 mars 2026, le bureau de l’IEBC à Kibra, quartier de Nairobi, a accueilli une affluence inhabituelle de citoyens souhaitant s’inscrire sur les listes électorales. Selon les témoins, la plupart des participants étaient des résidents de la circonscription, mais des groupes plus petits, identifiés comme des Ougandais, ont également été présents. Cette journée a été présentée comme une initiative visant à renforcer la couverture du registre avant le scrutin de 2027.
Des témoignages pointent vers des fraudes transfrontalières
L’enquête a recueilli des déclarations de plusieurs personnes affirmant que des Ougandais avaient pu obtenir des pièces d’identité kenyanes grâce à des procédures accélérées ou à des intermédiaires au sein du bureau d’enregistrement. Des documents internes, présentés anonymement, suggèrent que les contrôles d’authenticité des pièces d’identité n’étaient pas toujours appliqués de façon rigoureuse, notamment aux points de passage frontaliers où la pression migratoire est forte. Ces éléments alimentent les craintes d’une manipulation du registre électoral, qui pourrait influencer le résultat des élections à venir.
Réactions des autorités kenyanes et enjeux pour les élections de 2027
Face aux révélations, le National Registration Bureau et l’IEBC ont déclaré lancer une révision interne des procédures d’émission des cartes d’identité et des cartes d’électeur. Aucun communiqué officiel n’a encore détaillé les mesures correctives envisagées, mais les responsables ont souligné la nécessité de garantir la « transparence et l’intégrité » du processus électoral. Les observateurs civils et les partis politiques appellent à une enquête indépendante afin de vérifier l’ampleur du phénomène et d’éviter toute remise en cause de la légitimité du scrutin de 2027.
Implications pour la coopération Kenya‑Ouganda
Le cas met également en exergue les tensions diplomatiques potentielles entre le Kenya et l’Ouganda, deux pays dont les frontières sont très fréquentées. Si les allégations s’avèrent fondées, elles pourraient conduire à des discussions bilatérales sur le partage d’informations d’identification et la sécurisation des points d’entrée. Une coopération renforcée serait indispensable pour prévenir l’usage abusif de documents d’identité dans les deux pays.