Une vaste enquête menée auprès de 50 000 personnes dans 37 pays souligne une préoccupation majeure : l'impact de l'intelligence artificielle sur le marché du travail. Si l'incertitude domine, la crainte de voir les suppressions de postes surpasser les créations d'emplois est largement partagée, particulièrement au sein des nations les plus développées.
Le paradoxe des pays à revenu élevé
L'étude révèle une corrélation directe entre le niveau de richesse d'un pays et l'inquiétude face à l'IA. Dans des nations comme l'Australie, la Corée du Sud ou les États-Unis, plus de 70 % des adultes anticipent des pertes d'emplois massives au cours des deux prochaines décennies. Ce pessimisme semble nourri par une plus grande familiarité avec la technologie : les populations les mieux informées sur les capacités de l'IA sont paradoxalement celles qui redoutent le plus ses conséquences sociales et l'accentuation des inégalités économiques.
La jeunesse en première ligne de l'inquiétude
Au-delà des disparités de richesse, une tendance générationnelle se dessine. Dans de nombreux pays, qu'ils soient à revenu élevé ou intermédiaire — incluant le Canada, la France, l'Inde ou l'Indonésie —, les jeunes adultes âgés de 18 à 34 ans expriment une anxiété plus marquée que leurs aînés concernant leur avenir professionnel face à l'automatisation. Cette génération, qui intègre le marché du travail dans un contexte de mutation technologique rapide, semble percevoir plus intensément les risques de déstabilisation de leur carrière.
Gouvernance mondiale et influence géopolitique
La question de la régulation de l'IA devient un enjeu diplomatique majeur. Dans plusieurs pays à revenu intermédiaire, comme le Pakistan, le Bangladesh ou la Malaisie, la Chine bénéficie d'un niveau de confiance supérieur à celui des États-Unis ou de l'Union européenne pour encadrer le développement de ces systèmes. Cette perception favorable s'inscrit dans une dynamique plus large d'influence géopolitique, alors même que les dirigeants des géants technologiques et les institutions internationales, à l'instar de la Commission européenne, appellent désormais à un ralentissement du développement des modèles les plus avancés pour garantir la sécurité mondiale.