Un nouveau rapport de l’ONU Femmes dévoilé à New York montre que les femmes restent largement sous‑représentées dans le secteur de l’intelligence artificielle, tant au niveau de la production que de l’usage. Cette fracture risque de renforcer les inégalités existantes et d’exposer davantage les femmes aux risques liés aux technologies émergentes.
Une présence féminine très minoritaire dans les métiers de l’IA
À l’échelle mondiale, les femmes ne constituent que 22 % des effectifs travaillant sur l’intelligence artificielle. Cette proportion chute à moins de 14 % lorsqu’il s’agit de postes de direction, ce qui confie la définition des stratégies, des normes éthiques et des cadres réglementaires à une majorité masculine. Cette concentration du pouvoir décisionnel crée un terrain propice à la reproduction des biais sociétaux dans les algorithmes.
Des usages de l’IA qui creusent l’écart d’employabilité
Le « Gender Snapshot 2026 » indique que les femmes ont 20 % moins de chances que les hommes d’adopter les outils d’IA générative. Cette différence d’adoption se traduit par une moindre maîtrise des compétences recherchées sur le marché du travail, réduisant ainsi leur compétitivité face aux mutations technologiques. Par ailleurs, l’Organisation internationale du Travail souligne que les professions majoritairement occupées par des femmes sont près de deux fois plus exposées aux risques d’automatisation et de restructuration induits par l’IA.
Risques accrus de violences numériques alimentées par l’IA
Les données de l’ONU Femmes révèlent qu’un quart des attaques en ligne visant des défenseures des droits humains, des militantes ou des journalistes s’appuient désormais sur des technologies d’IA, notamment pour diffuser des contenus diffamatoires ou renforcer des stéréotypes sexistes. Cette évolution intensifie la vulnérabilité des femmes face aux formes numériques de harcèlement et de désinformation.
Appels à une gouvernance inclusive et à des régulations ciblées
Face à ces constats, l’agence onusienne exhorte les États, les entreprises technologiques et les acteurs du développement à instaurer des cadres réglementaires plus stricts, incluant explicitement les femmes dans les processus de décision et de conception de l’IA. Une gouvernance inclusive apparaît comme la condition sine qua non pour éviter que les innovations numériques ne perpétuent la marginalisation d’une moitié de la population mondiale.