Le professeur de droit Abdoulaye Sakho a tiré la sonnette d’alarme lors d’une conférence à Dakar, rappelant que l’intelligence artificielle peut générer des citations inventées, des faits fabriqués et des images trompeuses, menaçant la crédibilité de la presse. Il a souligné la nécessité de mettre en place des garde‑fous éditoriaux pour protéger le débat public.
Intervention à la Maison de la Presse de Dakar
Le mardi 13 octobre, à la Maison de la Presse de Dakar, l’agrégé des facultés de droit Abdoulaye Sakho a prononcé la leçon inaugurale du mandat 2026‑2029 du Tribunal des pairs du CORED. Son discours s’est concentré sur les défis que pose l’essor de l’IA aux cadres de régulation et d’autorégulation des médias, en interrogeant la responsabilité des journalistes lorsqu’une machine participe à la production de l’information.
Applications de l’IA en rédaction et leurs dérives
Sakho a rappelé que l’IA offre déjà des outils utiles, comme la transcription d’entretiens, la traduction instantanée vers les langues nationales et l’analyse rapide de volumes importants de documents. Toutefois, il a mis en avant le danger que représentent les « paroles fictives » attribuées à des personnes, les faits totalement fabriqués et les visuels manipulés, capables de fausser l’opinion publique et de miner la confiance dans les médias.
Une étude européenne montre l’ampleur du problème
Il a cité une étude internationale coordonnée par l’Union européenne de radio‑télévision et pilotée par la BBC, publiée en octobre 2025. Selon ce rapport, 45 % des réponses fournies par des assistants d’IA sur des sujets d’actualité contenaient des informations erronées ou inventées, soulignant la prévalence du phénomène au niveau mondial.
Vers des garde‑fous éditoriaux et une régulation renforcée
Face à ces constats, Sakho a réclamé l’instauration de mécanismes de contrôle internes aux rédactions, ainsi que l’élaboration de cadres réglementaires clairs pour encadrer l’usage de l’IA dans le journalisme. Il a insisté sur le rôle des organes de déontologie et des instances professionnelles pour garantir que l’adoption de ces technologies ne compromette pas l’intégrité de l’information et la liberté d’expression.