Une mission technique à Istanbul, présentée comme une étape standard de vérification, s’inscrit dans un contrat énergétique controversé au Ghana, alors que le pays luttait contre une crise électrique persistante.
Contexte et procédures techniques
L’envoi d’une équipe technique ghanéenne à Istanbul pour inspecter des équipements liés au contrat Aksa Energy s’inscrit dans le cadre d’une diligence raisonnable préalable à l’importation de matériel de production électrique. Selon K.T. Hammond, avocat du ministre sortant de l’Énergie, Dr Kwabena Donkor, cette inspection visait à garantir la conformité des équipements aux normes requises et leur capacité à répondre aux besoins urgents du pays.
Cette démarche s’est déroulée dans un contexte marqué par une pénurie d’électricité chronique, connue localement sous le nom de Dumsor, poussant les autorités à rechercher rapidement des solutions pour renforcer le parc de production. L’implication de plusieurs acteurs du secteur, dont la Volta River Authority (VRA), souligne le caractère institutionnel de l’opération, présentée comme une procédure technique et non politique.
Enjeux et controverses autour de la transaction
Le contrat Aksa Energy, conclu en pleine crise énergétique, est désormais au cœur d’une enquête internationale après la condamnation aux États-Unis d’Asante Kwaku Berko, ancien directeur de la raffinerie de Tema, pour son rôle dans un réseau de corruption. Berko a été reconnu coupable d’avoir versé plus d’un million de dollars en pots-de-vin à des responsables ghanéens pour faciliter le financement et la construction d’une centrale électrique.
Bien que Dr Donkor, alors ministre de l’Énergie, ait nié toute implication dans ces pratiques, son avocat insiste sur le fait que l’inspection technique à Istanbul ne saurait être associée à des agissements illicites. Il rappelle que les responsables ghanéens n’ont fait que suivre une procédure standard, sans lien avec les actions individuelles de tiers ayant pu agir en leur nom. Les investigations locales, menées par l’Office du Procureur spécial et l’Economic and Organised Crime Office (EOCO), visent désormais à éclaircir le rôle des acteurs nationaux dans cette affaire.