Les crues de la rivière Nizi, aggravées par les pluies saisonnières, bloquent les voies d’accès aux établissements scolaires de Balabala, dans le territoire de Djugu (Ituri). Des milliers d’enfants sont contraints de parcourir de longs détours à pied ou d’emprunter des pirogues de fortune, ce qui pousse certains à abandonner leurs cours.
Impact direct sur la mobilité des élèves
Le cours d’eau en crue submerge les routes qui relient le village de Nizi aux cinq écoles primaires et aux trois écoles secondaires de la zone. Selon les témoignages locaux, les trajets peuvent s’allonger jusqu’à dix kilomètres, obligeant les enfants à marcher plusieurs heures chaque jour. D’autres familles paient le transport en pirogue, un moyen précaire qui expose les jeunes à des risques de noyade.
Orpaillage artisanal comme facteur aggravant
Les autorités locales attribuent la déviation du lit de la rivière aux activités d’extraction artisanale d’or qui se multiplient dans la région. Ces opérations modifient le profil du cours d’eau, réduisent sa capacité d’évacuation et accentuent les débordements lors des fortes pluies. Le phénomène s’inscrit dans un contexte plus large où l’orpaillage informel, souvent non régulé, perturbe les équilibres environnementaux et les infrastructures rurales.
Réactions des communautés et appels à l’intervention
Face à la situation, les chefs de village, les parents d’élèves et les responsables des établissements scolaires ont lancé un appel urgent au gouvernement provincial. Ils demandent notamment la mise en place d’un cadre de régulation de l’orpaillage artisanal et la réalisation de travaux d’infrastructures pour sécuriser les voies d’accès. La Protection civile, quant à elle, signale que les pluies accompagnées de vents violents ont déjà endommagé des bâtiments scolaires dans plusieurs localités voisines, aggravant le retard scolaire dans la province.
Enjeux pour la continuité éducative
Le blocage des routes compromet le calendrier scolaire et augmente le taux d’abandon, surtout parmi les enfants les plus vulnérables. Sans mesures correctives, la perte d’accès à l’éducation risque de s’amplifier, affectant à long terme le capital humain de la région. Les autorités provinciales sont donc pressées de concilier la régulation de l’exploitation minière avec la sécurisation des infrastructures de transport scolaire.