Les inondations récurrentes qui frappent le Nigeria ne sont pas uniquement le fruit de précipitations exceptionnelles, mais révèlent des failles structurelles dans la planification urbaine. Selon Sliding Towers Global Ltd, la gestion des risques doit impérativement être repensée dès la phase de conception des projets immobiliers pour limiter les dégâts matériels et humains.
L'urbanisme en cause dans la gestion des eaux
Le constat est alarmant : 14 118 communautés réparties dans 33 États et le territoire de la capitale fédérale sont identifiées comme zones à haut risque pour la saison 2026. Pour les experts, la multiplication des catastrophes est directement liée à l'imperméabilisation excessive des sols et à la construction sur des voies d'eau naturelles. L'obstruction des canaux de drainage et la disparition des zones humides empêchent l'absorption naturelle des précipitations, transformant les pluies saisonnières en inondations dévastatrices pour les infrastructures et les activités économiques.
Repenser la conception architecturale
La résilience face aux inondations commence sur la planche à dessin. Les architectes et promoteurs sont appelés à intégrer systématiquement la topographie du site, la nature des sols et les trajectoires naturelles de l'eau avant toute construction. Des mesures techniques simples, telles que l'élévation des niveaux de plancher, la protection des accès contre le ruissellement et l'installation des équipements critiques en hauteur, pourraient réduire significativement la vulnérabilité des bâtiments. L'utilisation de revêtements perméables et la création de jardins de pluie sont également préconisées pour ralentir le débit des eaux.
Une approche multi-échelle indispensable
La lutte contre les inondations ne peut se limiter à la construction de canaux en béton, souvent saturés par le volume d'eau rejeté simultanément par les surfaces imperméabilisées. La résilience doit être pensée à quatre échelles interconnectées : le bâtiment, la rue, le quartier et la ville. Cette vision globale implique la protection des corridors de drainage naturels et la transformation des espaces ouverts en zones de stockage temporaire des eaux pluviales. L'objectif est de passer d'une logique d'évacuation rapide à une gestion intégrée, où l'urbanisme s'adapte aux réalités hydrologiques du terrain plutôt que de tenter de les ignorer.