Inondations à Dakar : l'urgence de rompre avec trente ans de politiques de gestion saisonnière

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 21 lectures
Inondations à Dakar : l'urgence de rompre avec trente ans de politiques de gestion saisonnière

La récurrence des inondations à Dakar et dans sa périphérie met en lumière l'échec d'une gestion publique focalisée sur l'urgence saisonnière. Malgré des investissements massifs, l'absence de solutions structurelles pérennes condamne les populations à subir, chaque année, les conséquences d'une urbanisation mal maîtrisée et d'un assainissement défaillant.

L'échec des réponses ponctuelles

Depuis une trentaine d'années, la stratégie de lutte contre les inondations au Sénégal se caractérise par une approche cyclique : des interventions d'urgence durant l'hivernage, suivies d'une inertie administrative dès le retour du beau temps. Cette gestion, qui ignore la nécessité d'une planification à long terme, a montré ses limites face à des précipitations pourtant modérées, comme les 138 mm enregistrés récemment. Le problème n'est pas l'intensité des pluies, mais l'incapacité de la capitale à les absorber, faute d'infrastructures adaptées.

Le déplacement géographique des zones sinistrées

La cartographie des zones à risque a radicalement évolué depuis 2005. Si les anciens « points noirs » comme Médina Gounass ou Djiddah Thiaroye Kao ont bénéficié d'interventions, le phénomène s'est déplacé vers des secteurs autrefois jugés moins vulnérables, tels que les Maristes, la Zone de Captage, les Parcelles assainies et Keur Massar. Cette mutation démontre que la négligence préventive dans ces zones, couplée aux pressions anthropiques, a fini par saturer les capacités de drainage existantes.

L'impasse du relogement sans assainissement

L'histoire des déplacements de populations illustre les erreurs de conception des politiques publiques. Le site de Jaxaay, destiné à accueillir les sinistrés, est devenu le symbole d'un relogement effectué sans infrastructures d'assainissement préalables, reproduisant les vulnérabilités initiales. À l'inverse, le modèle du site de l'Apix à Tivaouane Peul est désormais cité comme une référence à privilégier pour les futurs projets de déplacement de populations, soulignant l'importance d'aménager les sites avant toute installation humaine.

Le défi de l'exécution budgétaire

Le programme de lutte contre les inondations, doté d'une enveloppe de 921 milliards de FCfa sur 15 ans, ne manque pas de moyens financiers, mais de volonté opérationnelle. La multiplication des séminaires et des études techniques ne suffit plus à masquer l'absence de résultats durables. L'enjeu pour les autorités est désormais de transformer ces ressources en infrastructures concrètes, en privilégiant l'anticipation sur la réaction, afin de mettre fin à un cycle de précarité qui pèse lourdement sur le développement urbain et la sécurité des citoyens.

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