La gestion des infrastructures routières fédérales au Nigeria fait l'objet de vives critiques, exacerbées par l'état critique d'axes majeurs comme l'autoroute Benin-Sapele-Warri. Alors que le pays dépend quasi exclusivement de la route pour le transport de ses marchandises, les choix stratégiques du ministre des Travaux publics, David Umahi, sont remis en question par des observateurs et des acteurs politiques.
Des chantiers sous haute tension
Le projet de l'autoroute Lagos-Calabar, emblématique de la politique actuelle, illustre les difficultés rencontrées sur le terrain. Avec un taux d'achèvement inférieur à 15 %, cet axe subit déjà les conséquences d'une planification jugée insuffisante, notamment face aux aléas climatiques dans la péninsule de Lekki. Des rapports font état de dégradations précoces et de risques structurels, soulevant des interrogations sur l'absence d'études d'impact environnemental rigoureuses avant le lancement des travaux.
Le défi de la hiérarchisation des priorités
L'un des principaux reproches adressés au ministère concerne l'absence de hiérarchisation des besoins. Des voix, dont celle du sénateur Adams Oshiomole, soulignent que les ressources sont parfois allouées à des projets secondaires au détriment d'axes stratégiques. Des routes comme Okene-Auchi-Benin, essentielles pour le transit des hydrocarbures et des matériaux de construction vers le Sud, nécessiteraient une attention prioritaire pour soutenir la compétitivité économique nationale. En l'absence d'un réseau ferroviaire fonctionnel, l'état de ces artères devient un frein direct au développement économique.
Une méthode contestée
Le ministre David Umahi est également critiqué pour ses décisions unilatérales, notamment l'imposition du béton comme matériau unique pour les routes fédérales, indépendamment des spécificités géologiques des terrains. Cette approche, couplée à une gestion héritée de projets complexes et parfois mal engagés par les administrations précédentes, place le ministère dans une position délicate. La pression financière exercée sur les États pour pallier les carences fédérales, comme observé récemment à Lagos, témoigne d'une tension croissante entre les différents niveaux de gouvernance sur la responsabilité de l'entretien du réseau routier national.