Le ministre congolais des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a multiplié les rencontres à Bruxelles pour attirer les investisseurs belges vers les grands chantiers de reconstruction de la République démocratique du Congo. Face à un climat des affaires souvent perçu avec prudence, le ministre a appelé à un changement de regard, tout en reconnaissant les défis structurels majeurs auxquels le pays fait face.
Un plan d'envergure pour désenclaver le territoire
Le gouvernement congolais affiche des ambitions élevées pour moderniser ses infrastructures de transport. Le ministre a détaillé un projet visant à porter le réseau routier revêtu de 3 000 à 8 000 kilomètres, incluant un corridor intérieur prioritaire de 22 000 kilomètres reliant les 26 provinces. Ce programme, qui intègre également le dragage de 28 000 kilomètres de voies navigables, la construction de quinze aéroports et le développement de lignes de tramway à Kinshasa et Lubumbashi, s'inscrit dans une stratégie globale de désenclavement du pays.
Le défi de l'efficacité opérationnelle
Si le potentiel est réel, les indicateurs internationaux soulignent des obstacles persistants. Selon les données de la Banque mondiale, l'efficacité opérationnelle reste le point faible du climat des affaires en RDC, avec des délais administratifs importants pour la création d'entreprises ou l'obtention de permis de construire. De plus, la pérennité des infrastructures demeure une préoccupation centrale : une étude a révélé que les routes réhabilitées perdent souvent la moitié de leur intégrité structurelle en trois ans, faute d'un entretien régulier.
Des échanges commerciaux à dynamiser
La coopération économique entre la Belgique et la RDC, bien que constante, reste modeste au regard des besoins. En 2024, le volume des échanges bilatéraux s'élevait à environ 877 millions d'euros. Le ministre Banza Lunda mise sur le transfert de technologie et l'élaboration de normes de construction adaptées au climat équatorial pour renforcer ce partenariat. Cette offensive diplomatique et économique intervient dans un contexte politique complexe, marqué par le rétablissement récent des relations diplomatiques entre la Belgique et le Rwanda, un dossier que les autorités congolaises suivent avec une attention particulière.