Le président de la Société des gynécologues et obstétriciens du Burkina, le professeur Charlemagne Ouédraogo, a tiré la sonnette d’alarme sur une hausse de l’infertilité masculine et a partagé des conseils pratiques pour limiter ce phénomène, encore trop peu débattu dans le pays.
Un constat alarmant exprimé sur les réseaux sociaux
Dans un post publié sur Facebook, le professeur Ouédraogo a déclaré que la qualité du sperme était en recul et que l’infertilité masculine progressait, tout en reconnaissant l’absence de données publiques précises pour étayer cette affirmation. Son appel vise à sensibiliser la population masculine à des facteurs de risque souvent négligés et à encourager une prise de conscience collective.
Ce que révèle l’étude du CHU Yalgado Ouédraogo (2019‑2022)
Une recherche menée entre janvier 2019 et décembre 2022 au Centre Hospitalier Universitaire Yalgado Ouédraogo a recensé 310 cas d’infertilité masculine. Bien que l’étude ne fournisse pas de tendance temporelle détaillée, le nombre de dossiers souligne l’importance d’un suivi épidémiologique plus systématique. Les auteurs de l’étude ont décrit les aspects sémiologiques et épidémiologiques de la condition, offrant ainsi une base factuelle pour les futures politiques de santé reproductive.
Recommandations du professeur Ouédraogo pour préserver la fertilité
Le spécialiste a insisté sur la nécessité de « libérer » les testicules de la chaleur excessive, rappelant que les gonades fonctionnent mieux à une température légèrement inférieure à celle du corps. Il a identifié plusieurs facteurs de risque modifiables : consommation de tabac et d’alcool, sédentarité, surpoids, stress chronique, exposition à la chaleur (ex. bains prolongés, saunas) et perturbateurs endocriniens présents dans certains produits chimiques. Pour contrer ces menaces, il préconise une alimentation riche en fruits, légumes, oméga‑3 et antioxydants, une activité physique régulière ainsi qu’un sommeil de qualité. Ces mesures, simples à mettre en œuvre, visent à améliorer la qualité du sperme et à réduire le nombre de cas d’infertilité.