Avec moins d’un an avant les élections générales de 2027, la Commission électorale nigériane (INEC) attend toujours le déblocage intégral d’un budget crucial pour moderniser ses outils de vote électronique. Le président de l’INEC, Joash Amupitan, a souligné que cette enveloppe, partiellement allouée, doit financer le remplacement des BVAS endommagés et renforcer les systèmes de sécurité des données. Parallèlement, l’institution prépare un test grandeur nature de son système d’accréditation biométrique et de transmission des résultats.
Un budget en suspens pour des équipements critiques
L’INEC a révélé que son budget pour les élections de 2027 inclut des allocations majeures pour la technologie et les opérations électorales, notamment pour l’achat de nouveaux dispositifs d’accréditation (BVAS) afin de remplacer ceux perdus ou endommagés lors du dernier cycle électoral. Cependant, le président Amupitan a indiqué que la Commission attend toujours la libération complète des fonds, bien que son équipe informatique ait déjà entamé des discussions avec les fabricants pour préparer les commandes.
Cette situation survient alors que l’institution mène un audit complet de ses systèmes technologiques, incluant des tests de résistance, des simulations de cyberattaques et des plans de récupération en cas de panne. Un exercice de simulation d’élection présidentielle est également prévu pour évaluer la fiabilité des BVAS et du portail de visualisation des résultats (IReV) dans des conditions réelles.
La désinformation, nouveau front des élections
Amupitan a mis en garde contre la montée en puissance des outils d’intelligence artificielle générative, capables de produire des contenus manipulés (vidéos, audios, images) à moindre coût et difficilement détectables. Il a cité des exemples de fausses informations circulant lors des derniers scrutins en Afrique de l’Ouest et de l’Est, y compris au Nigeria pendant la présidentielle de 2023. Selon lui, ces contenus pourraient se propager à grande échelle avant même qu’une vérification ne soit possible, exacerbant les divisions au sein de l’électorat.
Pour contrer cette menace, l’INEC propose une approche en cinq points : intégrer la planification technologique et communicationnelle, mettre en place une cellule de réponse rapide aux fausses informations, communiquer en amont sur les vulnérabilités connues, renforcer les partenariats avec les médias, les fact-checkers et les plateformes numériques, et investir dans l’éducation aux médias. Le président a insisté sur le fait que la réponse à la désinformation doit passer par une diffusion plus rapide et plus transparente d’informations fiables, plutôt que par des restrictions de la liberté de la presse.
Une jeunesse connectée, un défi pour la transparence
Amupitan a souligné que l’électorat de 2027 sera le plus jeune et le plus mobile de l’histoire du Nigeria, avec le smartphone comme principal outil d’accès à l’information électorale. Il a appelé à adapter les solutions technologiques aux réalités locales, notamment en matière d’accès internet, de diversité linguistique et de confiance institutionnelle. L’INEC mise sur la collaboration avec des partenaires internationaux pour renforcer sa cybersécurité, tout en invitant les chercheurs nigérians à contribuer à des projets de détection de contenus synthétiques et de formation des journalistes et éducateurs civiques.