Le 21 septembre, la ville de Bukavu a été le théâtre de quatre incendies simultanés qui ont consumé plus de 500 maisons en bois et fait au moins quatre morts. Face à la répétition de ces drames, les habitants expriment colère, inquiétude et exigent des réponses concrètes des autorités.
Une nuit de feu qui a dévasté le quartier de Nyalukemba
Le feu le plus important s’est déclaré aux alentours de minuit dans le quartier de Nyalukemba, sur la commune d’Ibanda. Selon les observations de la société civile, les flammes se sont rapidement propagées, touchant plus de 500 habitations en bois en moins de 24 heures. En tout, quatre foyers d’incendie ont été recensés dans la ville, incluant les zones de Camp Saio, près de Nguba et à Kadutu.
Des témoignages qui illustrent l’ampleur du drame
Serge Bahati, blessé à la main en tentant de sauver quelques effets personnels, raconte avoir été réveillé à 23h30 par des cris avant de voir le feu déjà avancé. William Nkinzo, notaire du quartier, a compté au moins cinq victimes, dont une femme enceinte, un père et deux enfants. D’autres résidentes, comme Séraphine et Sarah Kusinza, décrivent la perte totale de leurs biens, leurs maisons réduites à des décombres de tôles et de planches calcinées.
Un contexte d’incendies récurrents à Bukavu
Ces nouveaux sinistres s’inscrivent dans une série d’incidents similaires. La semaine précédente, un incendie dans deux complexes scolaires de la commune de Kadutu avait coûté la vie à plusieurs élèves, soulignant la vulnérabilité de la ville face aux feux. Les habitants évoquent même la possibilité d’actes criminels, sans toutefois disposer de preuves concrètes.
Des appels à la prévention et à l’aide gouvernementale
Jonas Musafiri, acteur de la société civile, réclame des mesures immédiates : « Si le gouvernement était responsable, il pourrait prêter de l’argent aux sinistrés pour qu’ils reconstruisent avec des matériaux durables ». Les sinistrés sollicitent également l’aide de l’AFC/M23, qui administre la ville, ainsi que des autorités de Kinshasa, afin d’obtenir un soutien d’urgence. Face à la répétition de ces catastrophes, la population exige que les autorités intègrent la prévention des incendies dans la planification urbaine de Bukavu.