Plus d'un an après la publication d'une liste officielle de 57 détenus sénégalais éligibles à un transfèrement, le rapatriement vers leur pays d'origine demeure au point mort. Parmi eux, El Hadj Maguette Guèye, condamné à dix ans de prison pour trafic de migrants, alerte sur la précarité de sa situation et l'absence de perspectives concrètes malgré les conventions bilatérales existantes entre Dakar et Rabat.
Un quotidien marqué par l'isolement et la tension
Incarcéré depuis février 2022, El Hadj Maguette Guèye décrit des conditions de détention éprouvantes au sein du système pénitentiaire marocain. Le détenu souligne notamment une barrière linguistique majeure, étant le seul Sénégalais dans une cellule de seize personnes. Cette incompréhension avec l'administration pénitentiaire, qui ne communique qu'en arabe, complique l'accès aux soins et la résolution des conflits quotidiens. Le climat de tension permanente, ponctué de bagarres, rend le quotidien particulièrement difficile pour les ressortissants étrangers.
Le poids financier sur les familles sénégalaises
La survie des détenus dépend étroitement du soutien financier de leurs proches restés au Sénégal. Selon le témoignage recueilli, le coût élevé de la nourriture au sein de l'établissement pénitentiaire épuise rapidement les transferts d'argent, souvent limités à 50 000 F CFA. Pour les familles modestes, cette charge financière s'ajoute à l'angoisse de l'éloignement et au manque d'informations sur l'évolution des dossiers judiciaires de leurs proches.
L'application incertaine des accords de transfèrement
Le cœur du problème réside dans l'application effective de la convention de transfèrement liant le Sénégal et le Maroc. Bien que le nom d'El Hadj Maguette Guèye figure sur une liste de 57 détenus validée pour un retour au pays, aucune avancée n'a été constatée depuis juin 2025. Cette situation soulève des interrogations sur le suivi consulaire et la célérité des procédures diplomatiques. Alors que les détenus plaident pour purger le reste de leur peine dans leur pays d'origine, l'absence de calendrier officiel laisse les familles dans une attente prolongée, sans visibilité sur une éventuelle issue à court terme.