En vue des prochaines échéances électorales de 2026, le premier secrétaire de l'Union socialiste des forces populaires (USFP), Idriss Lachgar, a réaffirmé la volonté de son parti de s'imposer parmi les trois premières formations politiques du pays. Cette sortie médiatique marque une volonté de rupture avec les résultats des scrutins précédents et une critique frontale de la gouvernance actuelle.
Une opposition frontale à la direction du PJD
Idriss Lachgar a écarté toute perspective d'alliance avec le Parti de la justice et du développement (PJD) sous sa forme actuelle. Tout en reconnaissant la présence de compétences au sein de cette formation, il a ciblé directement Abdelilah Benkirane, qualifiant son comportement d'imprévisible et d'instable. Pour le leader socialiste, le langage employé par l'ancien chef du gouvernement, marqué par des termes injurieux, constitue un obstacle majeur à tout dialogue politique sain et pourrait même, selon lui, relever de poursuites judiciaires.
Critique de la gestion des richesses et de l'hégémonie
Sur le plan économique, le dirigeant de l'USFP a nuancé son jugement sur le bilan du gouvernement sortant. S'il reconnaît une capacité à créer de la richesse, il dénonce une concentration de celle-ci au profit d'intérêts particuliers, notamment dans les secteurs de la santé et de la protection sociale. Il qualifie l'actuel exécutif de « gouvernement hégémonique », déplorant un déséquilibre institutionnel qui, selon lui, entrave le bon fonctionnement de la démocratie marocaine et limite l'exercice des mécanismes de contrôle constitutionnels, tels que les commissions d'enquête.
Refus de la bipolarisation et appel à la participation
Idriss Lachgar a également exprimé son rejet de ce qu'il nomme une « bipolarisation artificielle » de la scène politique, utilisée selon lui pour orienter l'opinion publique. Il a par ailleurs commenté le rôle de Fouzi Lekjaa, le reconnaissant comme une compétence nationale tout en soulignant que, dans le cadre institutionnel, nul ne saurait être considéré comme indispensable en dehors de la figure royale. Enfin, le responsable socialiste a lancé un appel à la mobilisation citoyenne, exhortant les Marocains à ne pas déserter les urnes en 2026, rappelant que l'abstention équivaut à une renonciation au pouvoir de décision dans un contexte national exigeant.