Le parcours d'Ibrahim Ballo illustre la montée en puissance des infrastructures numériques au Sahel, passant de la gestion de réseaux locaux à la direction de projets transfrontaliers stratégiques. Son expertise technique, déployée sur près de deux décennies, est devenue un levier essentiel pour la modernisation de l'administration publique et l'intégration régionale par la fibre optique.
De l'administration nationale à la transformation digitale
Formé à l'École supérieure d'informatique de Bobo-Dioulasso, Ibrahim Ballo a bâti son expérience sur le terrain avant d'intégrer l'Agence nationale de promotion des TIC (ANPTIC) en 2014. Son passage à la direction de l'Intranet gouvernemental a marqué un tournant, le faisant passer de la maintenance technique à la gestion de systèmes d'envergure nationale. Il a notamment piloté le projet RESINA, visant à connecter les 45 chefs-lieux de province du Burkina Faso, atteignant un taux d'exécution physique de 96 %.
Le déploiement du G-Cloud et des data centers
En tant que directeur technique puis directeur du projet G-Cloud, Ballo a supervisé la mise en place d'infrastructures critiques : 1 070 kilomètres de fibre optique, trois mini-data centers et huit nœuds Cloud. Ce chantier, qui a permis le raccordement de 605 bâtiments administratifs, illustre le passage à une gestion managériale complexe, nécessitant la coordination des ressources budgétaires et humaines pour soutenir la dématérialisation des services publics.
L'intégration régionale par la Dorsale Transsaharienne
Depuis 2021, l'action d'Ibrahim Ballo s'est étendue à l'échelle sous-régionale avec la Dorsale Transsaharienne. En dirigeant des projets au Niger et au Tchad, il supervise le déploiement de plus de 1 500 kilomètres de fibre optique destinés à interconnecter plusieurs pays, dont l'Algérie, le Bénin, le Burkina Faso, le Nigeria et le Tchad. Ces liaisons ne sont pas seulement des prouesses techniques ; elles constituent une infrastructure d'intégration régionale vitale, permettant aux pays enclavés de sécuriser leurs accès aux réseaux internationaux et de renforcer leur souveraineté numérique.