Human Rights Watch alerte sur le durcissement de la répression contre les personnes LGBT au Sénégal après la loi de mars 2026

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 15 lectures
Human Rights Watch alerte sur le durcissement de la répression contre les personnes LGBT au Sénégal après la loi de mars 2026

Human Rights Watch a publié ce lundi un rapport détaillant la détérioration des droits des personnes LGBT au Sénégal depuis l’adoption, le 11 mars, d’une loi qui double les peines d’emprisonnement pour les actes qualifiés de « contre nature ». En six mois, au moins 212 personnes ont été arrêtées, subissant violences, isolement et pratiques médicales non consenties, ce qui soulève d’importantes questions de santé publique et de libertés fondamentales.

Une loi qui renforce les sanctions pénales

Le texte modifie l’article 319 du code pénal sénégalais, passant les peines pour les actes « contre nature » de cinq à dix ans de prison. Cette réforme, adoptée le 11 mars 2026, vise à durcir la répression contre les relations homosexuelles et transgenres, mais elle s’accompagne d’une hausse notable des poursuites judiciaires.

Arrestations massives et violences en détention

Selon la Rencontre africaine pour la défense des droits de l'homme (RADDHO), 212 personnes ont été incarcérées depuis l’entrée en vigueur de la loi, soit une augmentation rapide à l’échelle nationale. Les témoignages recueillis par HRW décrivent des passages à tabac, des coups de fouet et des blessures, comme le cas d’un jeune homme arrêté à Thiès qui a été « battu, fouetté et blessé à la cuisse ». En prison, les détenus LGBT sont exclus des activités collectives, y compris la prière et le coiffeur, renforçant leur isolement.

Climat de peur parmi les avocats et les professionnels du droit

Les avocats intervenant dans ces affaires rapportent une pression sociale importante : plusieurs ont été découragés par leurs proches de défendre des personnes suspectées d’actes « contre nature ». Cette atmosphère de crainte complique la garantie d’un procès équitable et alimente le sentiment d’impunité des autorités pénales.

Conséquences sanitaires : tests VIH non consentis et impact sur la lutte contre le sida

Le rapport indique que certains détenus ont subi des tests de dépistage du VIH sans consentement éclairé, une pratique qui décourage le dépistage volontaire et menace les efforts de santé publique. Un médecin cité par HRW qualifie ce phénomène de « problème de santé publique ». Parallèlement, les consultations psychologiques à l’Université Cheikh Anta Diop ont triplé depuis mars, les patients exprimant une anxiété sévère liée à la crainte d’être attaqués ou arrêtés.

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