Une famille sénégalaise a dû débourser plus d’un million de francs CFA pour récupérer le corps d’un proche décédé à l’hôpital Dalal Jamm, avant que la direction n’annule la facture de l’établissement, tout en maintenant celle des prestataires privés.
Une facture abusive et des prestataires inflexibles
Jeudi dernier, les proches d’un patient décédé aux urgences de l’hôpital Dalal Jamm à Dakar se sont heurtés à une facture de 1 082 700 FCFA, couvrant des fournitures médicales fournies par des prestataires privés. Cette somme s’ajoutait à une première note de plus de 300 000 FCFA déjà réclamée par l’établissement. Malgré l’annulation de la facture de l’hôpital, les fournisseurs privés ont maintenu leur demande de paiement intégral, plongeant la famille dans une situation financière intenable.
Violences et pression familiale face à l’urgence
Sous la pression, certains membres de la famille ont manifesté leur colère à l’intérieur de l’hôpital, exigeant la restitution du corps. Contraints par les circonstances, ils ont finalement cédé et payé la somme réclamée, malgré leurs difficultés financières évidentes. Cette affaire illustre les tensions croissantes entre les familles endeuillées et les structures de santé, souvent perçues comme des obstacles administratifs et financiers en période de deuil.
22 corps en attente dans la morgue : un problème structurel
Cette situation intervient alors que la direction de Dalal Jamm révèle que 22 corps, dont 13 adultes inconnus et 9 bébés identifiés, attendent toujours d’être réclamés dans la morgue. L’hôpital a lancé un appel urgent aux familles concernées, les exhortant à se manifester avant une inhumation forcée. Ce cas n’est pas isolé : il reflète un dysfonctionnement plus large du système, où les retards dans les formalités administratives et les coûts prohibitifs aggravent le traumatisme des familles.
Témoignages et silence institutionnel
Des membres de la famille et un médecin ayant participé à l’intervention ont livré leur version des faits dans une vidéo, sans que l’hôpital ou les autorités sanitaires ne réagissent publiquement. Cette absence de communication officielle laisse planer des questions sur la transparence des pratiques hospitalières et la responsabilité des prestataires privés dans l’accès aux soins et aux services funéraires.