Avec son bras motorisé intégré et son gimbal à trois axes, le Robot Phone d’Honor repousse les frontières de la technologie mobile. Mais entre prouesse d’ingénierie et contraintes pratiques, ce concentré d’innovation reste un produit de niche, réservé pour l’instant au marché chinois.
Un concentré de technologie dans un format compact
Le Robot Phone d’Honor se distingue par son bras motorisé capable de déployer sa caméra principale à 100 composants près. Malgré ce mécanisme complexe – un gimbal trois axes (panoramique, inclinaison, roulis) couplé à un bras articulé –, le smartphone conserve un gabarit raisonnable : 6,31 pouces d’écran OLED, 9,6 mm d’épaisseur et 248 grammes. Une miniaturisation remarquable, mais qui s’accompagne d’une chauffe rapide et d’un prix avoisinant les 1 500 euros.
Un outil de création pour les vidéastes exigeants
Destiné aux créateurs de contenu, le Robot Phone transforme l’expérience de tournage. Son suivi automatique, activé par un double appui sur un visage ou une silhouette, maintient un cadrage stable et fluide, même lors de mouvements brusques. Avec un capteur de 200 mégapixels et une captation 4K à 120 images par seconde, il rivalise avec des caméras dédiées. Le partenariat avec ARRI ajoute une dimension professionnelle : le mode ARRI Cinema offre un LogC3 10 bits et un Wide Gamut 3, idéal pour un étalonnage avancé dans DaVinci Resolve.
Des limites techniques qui freinent l’adoption
Malgré ses atouts, le Robot Phone souffre de deux handicaps majeurs. D’abord, sa chauffe excessive, même en dehors des sessions de tournage, limite son utilisation à 30 minutes continues. Honor propose un module de refroidissement en Chine, mais la dissipation thermique reste un défi pour un appareil aussi compact. Ensuite, son prix exorbitant – 1 500 euros – en fait un produit inaccessible pour la plupart des utilisateurs, d’autant que la première génération n’est pas commercialisée en France, malgré 300 000 précommandes en Chine.
L’avenir du Robot Phone : entre promesses et défis
Honor reconnaît que le moteur actuel, bien que le plus petit au monde, pose des problèmes de surchauffe. La solidité du bras après plusieurs mois d’usage reste également à prouver. Si la prochaine génération parvient à résoudre ces contraintes, le Robot Phone pourrait devenir un outil incontournable pour les créateurs. En attendant, greffer un stabilisateur DJI à un smartphone classique reste une alternative plus économique et tout aussi performante pour la plupart des utilisateurs.