La justice hongkongaise a prononcé des peines de prison allant jusqu'à sept ans et trois mois à l'encontre de trois figures du militantisme pro-démocratie. Ces condamnations marquent une étape supplémentaire dans la répression des activités liées à la commémoration des événements de la place Tiananmen de 1989.
Des condamnations sous le prisme de la loi sur la sécurité nationale
Lee Cheuk-yan, Chow Hang-tung et Albert Ho ont été reconnus coupables d'incitation à la subversion du pouvoir d'État. Ces poursuites s'appuient sur la loi sur la sécurité nationale, entrée en vigueur en 2020, qui encadre strictement les actes de dissidence. Si Lee Cheuk-yan a écopé de sept ans de prison et Chow Hang-tung de sept ans et trois mois, Albert Ho, qui avait plaidé coupable, a été condamné à cinq ans d'emprisonnement. Le tribunal a également imposé une amende de 1,5 million de dollars hongkongais à la Hong Kong Alliance, l'organisation désormais dissoute que dirigeaient les trois militants.
La fin d'un espace de mémoire historique
Pendant trois décennies, Hong Kong a constitué l'un des rares territoires sous souveraineté chinoise où la commémoration de la répression de 1989 était autorisée. La Hong Kong Alliance organisait chaque année des veillées rassemblant, selon les organisateurs, jusqu'à 100 000 personnes pour réclamer des réformes démocratiques et la reconnaissance des responsabilités liées aux événements de Pékin. Depuis 2020, ces rassemblements ont été interdits par les autorités, officiellement pour des raisons sanitaires liées à la pandémie de Covid-19, avant que le cadre législatif ne vienne définitivement criminaliser ces activités.
Réactions internationales et enjeux de libertés publiques
La sévérité de ces sentences a suscité une vive réaction de la part des instances internationales, notamment du bureau du Haut-Commissaire des Nations unies aux droits de l'homme, qui a appelé à l'annulation des condamnations. Des organisations de défense des droits humains ont dénoncé une volonté de museler la mémoire collective et de restreindre l'espace de débat public sur l'histoire contemporaine chinoise. De son côté, la défense a souligné que ces procès interrogent la nature même de la loi sur la sécurité nationale, perçue par ses critiques comme un outil d'érosion de l'autonomie hongkongaise et de limitation des libertés fondamentales.