Hollande relance le débat sur les retraites avec un âge légal à 63 ans et une durée de cotisation flexible

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 18 lectures
Hollande relance le débat sur les retraites avec un âge légal à 63 ans et une durée de cotisation flexible

François Hollande propose de fixer l’âge légal de départ à la retraite à 63 ans dès 2028, tout en instaurant un mécanisme d’ajustement automatique de la durée de cotisation en fonction de l’espérance de vie. Dans un livre-programme et un entretien au *Point*, l’ancien président socialiste rompt avec la ligne traditionnelle de son parti, qui prônait un retour à 62 ans.

Un âge pivot à 63 ans et des cotisations ajustables

Dans son ouvrage *Unir. Nouveau monde, nouvelle gauche*, à paraître le 3 septembre, François Hollande défend une réforme structurelle des retraites, combinant relèvement de l’âge légal et allongement progressif de la durée de cotisation. Concrètement, il table sur un âge légal « aux alentours de 63 ans » à partir du 1er janvier 2028, avec une indexation des pensions limitée à 1 % par an pendant cinq ans. Cette mesure, selon lui, équivaudrait à un report d’un an de l’âge de départ sans alourdir la charge des actifs.

L’ancien chef de l’État justifie cette approche par la nécessité d’adapter le système aux évolutions démographiques, notamment l’allongement de l’espérance de vie. Il propose un « mécanisme d’ajustement à la main des partenaires sociaux » pour moduler les durées de cotisation en fonction des données économiques et sociales, une méthode qu’il avait déjà expérimentée lors de son quinquennat.

Financement : TVA, successions et capitalisation

Pour compenser les pertes de recettes liées à la limitation de l’indexation des pensions, Hollande suggère plusieurs leviers fiscaux. Il envisage une hausse progressive du taux normal de la TVA, passant de 20 % à 24 %, tout en maintenant un taux réduit à 0 % pour les produits de première nécessité, dont l’alimentation. Une contribution sur les grosses successions et une baisse des cotisations salariales, financée par une hausse de la TVA, permettraient selon lui de « rapprocher le salaire net du brut ».

Autre innovation : l’introduction d’une part de capitalisation, gérée par les partenaires sociaux, pour diversifier les sources de financement des retraites. Cette idée s’inscrit dans la continuité de sa « politique de l’offre », qu’il avait mise en place entre 2012 et 2017, et qui avait suscité des critiques au sein de la gauche.

Stratégie électorale et alliances en question

François Hollande, qui refuse de participer à la primaire socialiste d’octobre, conditionne sa candidature à une « situation qui l’exige » en décembre. Il se dit prêt à soutenir un candidat proche de sa sensibilité si celui-ci présente des chances de victoire, tout en affirmant vouloir « faire la démonstration » de sa capacité à rassembler. Une position qui contraste avec l’absence d’alliance envisagée avec La France insoumise, dont il exclut toute collaboration.

Cette proposition sur les retraites s’inscrit dans une série d’idées avancées par l’ancien président, qui a également évoqué des mesures en matière d’immigration et d’écologie. Une stratégie qui vise à repositionner le socialisme français sur des bases pragmatiques, tout en testant sa capacité à fédérer au-delà des clivages traditionnels.

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