Des résultats à partager, des vies à transformer.
Ce samedi, Aioun s’est muée en scène d’un espoir concret. Dans cette ville du Hodh El Gharbi, un atelier régional bat son plein : il s’agit d’évaluer, de célébrer et de projeter les fruits d’un projet ambitieux. Intégration professionnelle des jeunes pour la résilience : un titre qui résume une urgence. Celle de donner un avenir à ceux que le chômage et l’exclusion menacent.
Un bilan qui fait date Deux ans et demi. C’est le temps écoulé depuis le lancement du projet "Succès", porté par le GCERF (Global Community Engagement and Resilience Fund) en collaboration avec ADICORD. Un temps suffisant pour semer, mais pas encore pour récolter en masse. Pourtant, les premiers signes sont là : des jeunes formés, des compétences acquises, des portes entrouvertes vers l’emploi.
L’objectif ? Sortir de la logique du désespoir. Comme le souligne Ahmed Ould Abibekrine, conseiller du wali, "Ce projet n’est pas qu’une aide. C’est un levier pour ancrer les jeunes dans l’économie locale." Une déclaration qui résonne comme un défi lancé aux autorités : et si la résilience passait par des mains agiles et des esprits formés ?
Des acteurs engagés, des enjeux clairs L’atelier n’est pas qu’un bilan. C’est un laboratoire d’idées. Les participants – représentants des municipalités, experts, jeunes bénéficiaires – échangent sur les succès, mais aussi sur les écueils. Comment pérenniser ces acquis ? Comment éviter que les promesses ne restent des promesses ?
Mohamed Ould Hamed, président d’ADICORD, insiste : "L’atelier est une étape cruciale. Sans partage d’expériences, les leçons du passé risquent de se répéter." Sara Cheikh Sidia, conseillère nationale du GCERF, ajoute une dimension stratégique : "Ce projet ne se limite pas à l’emploi. Il combat aussi l’extrémisme en offrant une alternative à la radicalisation." Une phrase qui rappelle que le chômage des jeunes n’est pas qu’une question économique – c’est un terreau pour des crises bien plus larges.
Des maires et un président qui appellent à l’action Les autorités locales ne restent pas silencieuses. Le président du conseil régional du Hodh El Gharbi et le maire d’Aioun ont salué "les résultats concrets", tout en martelant un message : il faut aller plus loin. "Poursuivre le soutien, renforcer la participation" – leur appel sonne comme un appel à la mobilisation. Mais à qui ? Aux partenaires internationaux ? Aux entreprises locales ? Aux jeunes eux-mêmes, appelés à saisir cette chance ?
Et demain ? La question qui pèse L’atelier se clôt ce jour, mais le débat reste ouvert. Comment transformer ces résultats en une dynamique durable ? Les jeunes formés auront-ils les moyens de créer leurs propres entreprises ? Les municipalités ciblées sauront-elles intégrer ces compétences dans leurs politiques locales ? Et surtout : qui prendra le relais une fois les financements internationaux réduits ?
Un projet qui dépasse les chiffres Derrière les rapports et les discours, il y a des visages. Ceux des jeunes qui, grâce à ce programme, ont pu quitter la rue pour un atelier. Ceux des parents qui voient enfin un espoir pour leurs enfants. "Un projet comme celui-ci, écrit le GCERF, ‘change des vies’." Mais changer des vies, c’est aussi changer un système. Et là, le défi devient politique.
La Mauritanie a-t-elle les moyens de ses ambitions ? L’atelier d’Aioun marque une étape. Mais une étape ne suffit pas. La vraie question n’est pas de savoir si ce projet fonctionne. Mais si la Mauritanie osera en faire un modèle. Car au-delà des chiffres, il y a une vérité simple : un pays qui néglige sa jeunesse néglige son avenir.
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