La communauté layène commémore chaque 29 octobre le rappel à Dieu de son fondateur, Seydina Limamou Laye, survenu en 1909. Cette date charnière permet de revisiter l'héritage spirituel d'une figure majeure de l'islam au Sénégal, dont la mission a durablement structuré l'identité religieuse de ses fidèles.
Une mission ancrée dans la tradition
Seydina Limamou Laye a débuté son appel religieux le 25 mai 1884, à l'âge de 40 ans. Reconnu par ses disciples comme le Mahdi Mountazar, ou « Bien-Guidé attendu », il a bâti sa prédication sur une filiation spirituelle revendiquée avec le prophète Mohammed. Sa doctrine, résumée par la formule « Mana Demb, mana Tay » (Ce fut moi hier, ce fut moi aujourd'hui), souligne cette continuité spirituelle. Le guide insistait particulièrement sur la conformité de ses actes avec l'exemple prophétique, posant cette rigueur comme le critère fondamental de la légitimité de sa mission.
Les derniers jours du guide religieux
Les récits historiques, notamment ceux consignés par Cheikh Makhtar Lô dans l'ouvrage Busrâ al-Muhhibîn wa Tayqîz al-Jâhilîn, décrivent une fin de vie marquée par une préparation spirituelle intense. Après une période de maladie de treize jours, Seydina Limamou Laye aurait anticipé son départ dès la célébration de la Korité en 1909. La tradition rapporte qu'il a passé ses dernières heures dans une forme de détachement matériel, multipliant les aumônes et les prières, avant de s'éteindre à l'âge de 66 ans, après 26 années de magistère spirituel.
La transition vers la succession
Le décès du fondateur a coïncidé avec une période de tension politique, son fils aîné et successeur désigné, Seydina Issa Rohou Lahi, étant alors en exil à Ngakham depuis 1906. Le retour de ce dernier à Yarakh, le 31 octobre 1909, a marqué un tournant décisif pour la communauté. En présidant la prière mortuaire le 1er novembre, Seydina Issa Rohou Lahi a assuré la continuité de l'organisation layène. Cet épisode reste, dans la mémoire collective, un moment fondateur qui a permis de pérenniser l'institution religieuse au-delà de la disparition de son premier guide.