Près de 9 Sénégalais sur 10 ont été en contact avec le virus de l’hépatite B, une infection plus contagieuse que le VIH. Face à ce constat alarmant, les autorités sanitaires accélèrent leurs efforts pour atteindre l’objectif d’élimination des hépatites virales d’ici 2030, malgré des obstacles structurels persistants.
Une prévalence élevée et des risques sous-estimés
Selon les dernières données, entre 5,7 % et 10 % de la population sénégalaise est porteuse chronique du virus de l’hépatite B. Bien souvent asymptomatique pendant des années, l’infection progresse silencieusement, pouvant mener à des complications graves comme la cirrhose ou le cancer du foie. La contagiosité du virus, supérieure à celle du VIH, aggrave la situation, rendant d’autant plus cruciale une réponse sanitaire rapide et ciblée.
Les moyens de lutte existent : vaccination, dépistage précoce et traitements adaptés. Pourtant, leur déploiement se heurte à des freins majeurs. L’accès aux tests reste inégal, les coûts des examens de suivi pèsent sur les ménages, et la disponibilité des médicaments n’est pas toujours garantie. La décentralisation des services de santé, bien que souhaitée, reste insuffisante pour couvrir l’ensemble du territoire.
Renforcer la stratégie nationale pour une couverture universelle
Le ministère de la Santé mise sur des mesures clés pour inverser la tendance : vaccination systématique des nouveau-nés dans les 24 heures suivant la naissance et dépistage obligatoire des femmes enceintes. Ces initiatives visent à briser la chaîne de transmission et à réduire la prévalence à long terme. Cependant, les associations de patients soulignent l’urgence d’un maillage sanitaire plus dense. Aujourd’hui, seulement sept des quatorze régions du pays disposent d’associations dédiées, limitant l’accès aux soins pour une partie de la population.
Pour concrétiser l’objectif d’élimination d’ici 2030, une coordination renforcée entre les acteurs publics, les professionnels de santé et les communautés locales s’impose. L’enjeu dépasse la simple prise en charge médicale : il s’agit de garantir une couverture sanitaire équitable, accessible et durable, afin de protéger les générations futures.