Haïti exige le renouvellement urgent de la force anti-gangs avant les élections de décembre

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 37 lectures
Haïti exige le renouvellement urgent de la force anti-gangs avant les élections de décembre

Port-au-Prince fait face à une escalade de violence alors que le mandat d’une force internationale anti-gangs expire fin septembre, au moment où le pays se prépare à des élections historiques en décembre. Le gouvernement haïtien, conscient des risques de déstabilisation, appelle à un renouvellement immédiat du soutien onusien pour éviter que les groupes armés ne paralysent le processus électoral. Une urgence qui s’ajoute à une crise humanitaire déjà critique.

Une force internationale sous pression avant son échéance

Le ministère haïtien des Affaires étrangères a sollicité, lors d’une réunion de l’Organisation des États américains (OEA), le renouvellement du mandat de la Gang Suppression Force (GSF), une mission soutenue par l’ONU. Créée en octobre 2025 pour remplacer une précédente force kényane en échec, cette unité dispose d’un mandat de 12 mois, expirant le 30 septembre. Sans extension, son action pourrait s’interrompre alors que les gangs contrôlent des pans entiers de Port-au-Prince et que la violence atteint des niveaux records.

Entre avril et juin 2024, 1 408 personnes ont été tuées et 656 blessées, selon les estimations officielles. Les autorités haïtiennes, qui dénoncent un manque de moyens techniques, financiers et logistiques, insistent sur la nécessité d’une « solidarité qui se traduise par des actes ». Une demande qui résonne alors que les préparatifs électoraux s’accélèrent, malgré les obstacles.

Des élections sous haute tension

Les premières élections générales en une décennie, prévues le 13 décembre, pourraient être compromises par l’insécurité. Le secrétaire général de l’OEA, Albert Ramdin, a annoncé le déploiement d’une mission d’observation électorale, tout en soulignant l’urgence de produire et distribuer un million de cartes d’identité avant le scrutin. Une tâche colossale dans un pays où l’État peine à exercer son autorité.

La crise politique, aggravée par l’assassinat du président Jovenel Moïse en 2021, a laissé un vide que les gangs ont exploité. Plus d’un million de personnes ont été déplacées, tandis que les services publics s’effondrent. Les retours forcés de migrants, près de 200 000 depuis le début de l’année, illustrent l’échec des mécanismes de protection internationale.

Un soutien international critiqué et inconstant

Malgré les appels répétés, les missions internationales peinent à obtenir les ressources nécessaires. La force kényane, déployée en 2023, a dû se retirer en avril faute de financements et de résultats tangibles. La GSF, autorisée à mener des opérations anti-gangs en coordination avec la police haïtienne, reste la dernière lueur d’espoir – mais son avenir est incertain.

Les critiques envers l’ingérence étrangère se multiplient, tandis que les droits des populations déplacées sont souvent ignorés. Les défenseurs des droits humains dénoncent notamment le renvoi forcé de réfugiés, une pratique en hausse de 20 % par rapport à 2023. Dans ce contexte, la question n’est plus seulement sécuritaire, mais aussi éthique : comment concilier aide internationale et respect de la souveraineté haïtienne ?

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