Dans les ouadis de Mah, à cinq kilomètres de Liwa, la plantation d’arbres marque le début d’un combat bien plus ardu : celui de leur survie face à l’avancée inexorable du sable. Entre espoirs de restauration des sols et défis logistiques, les communautés locales doivent désormais relever le pari de l’entretien des haies pour préserver un fragile équilibre écologique.
Un écosystème sous pression
Les ouadis de Mah, ces lits de rivières asséchés du sud du Lac Tchad, incarnent une zone de transition entre terres arables et désert. Ici, la plantation de haies vise à stabiliser les sols, limiter l’érosion éolienne et offrir des ressources aux populations locales. Pourtant, malgré les efforts initiaux, le sable progresse, menaçant d’engloutir les jeunes pousses avant même qu’elles ne s’enracinent. L’entretien régulier – arrosage, protection contre le bétail, élagage – devient alors une priorité absolue pour éviter que des années de travail ne soient réduites à néant.
Les défis sont multiples : accès limité à l’eau, manque de main-d’œuvre qualifiée et contraintes climatiques rendent la tâche ardue. Les communautés, souvent organisées en groupes locaux, doivent concilier ces impératifs avec leurs activités agricoles, déjà fragilisées par la raréfaction des ressources. Sans un suivi rigoureux, les haies risquent de devenir des symboles de l’échec plutôt que des remparts contre la désertification.
Vers une gestion durable des terres
Pour inverser la tendance, des solutions émergent, portées par des initiatives locales et des partenariats techniques. L’accent est mis sur l’implication des populations dans la planification et l’entretien, avec des formations adaptées aux réalités du terrain. Des techniques de paillage ou de récupération d’eau sont testées pour optimiser la résilience des jeunes arbres. Par ailleurs, la sensibilisation aux enjeux environnementaux gagne du terrain, notamment auprès des jeunes générations, souvent plus réceptives aux changements.
À plus long terme, l’enjeu dépasse la simple survie des haies : il s’agit de restaurer un écosystème capable de soutenir l’agriculture et les moyens de subsistance. Les projets en cours, bien que modestes, pourraient servir de modèles pour d’autres régions du Sahel confrontées aux mêmes défis. Mais leur succès dépendra avant tout de la capacité des acteurs locaux à pérenniser leurs efforts, malgré les contraintes économiques et environnementales.