Le député sénégalais Guy Marius Sagna a relancé le débat sur la gestion des fonds sociaux et politiques, pointant du doigt les risques de confusion entre ressources publiques et initiatives privées. Cette prise de position intervient après l'annonce d'une contribution de 500 millions de francs CFA par la fondation Sénégal Solidaire, portée par la Première dame.
L'exigence d'un cadre légal pour les fonds sociaux
Pour le parlementaire, le problème ne réside pas dans l'acte de charité en lui-même, mais dans l'absence de règles claires régissant les ressources mobilisées par l'épouse du chef de l'État. Guy Marius Sagna soutient qu'un tel flou institutionnel nourrit la suspicion des citoyens et expose le président à des accusations de détournement de fonds publics. Il plaide ainsi pour un encadrement législatif rigoureux de l'ensemble des fonds spéciaux, politiques et sociaux afin de garantir une séparation étanche entre les finances de l'État et les activités des fondations.
La remise en cause du modèle des fondations
Cette intervention s'inscrit dans une démarche de longue haleine menée par le député. Déjà en avril 2026, il avait publiquement interrogé l'origine des financements des fondations de Premières dames, alertant sur les risques de conflits d'intérêts ou de recours à des circuits d'influence. La création récente de la fondation Sénégal Solidaire, destinée à remplacer les modèles traditionnels, ne semble pas avoir apaisé les inquiétudes du parlementaire quant à la nécessité d'une transparence totale sur l'origine des capitaux.
Vigilance sur la gestion du patrimoine foncier
Au-delà des finances publiques, Guy Marius Sagna étend son combat pour la transparence à la gestion du foncier. Lors d'un déplacement à Dionewar, il a dénoncé une transaction immobilière suspecte concernant une île du delta du Saloum. Selon ses observations, le site aurait été proposé à la vente pour 500 millions de francs CFA, alors que son acquisition initiale aurait été estimée à 14 millions. Le député s'oppose fermement à la vente de ces espaces naturels, faisant de la protection du domaine public un pilier central de son action politique actuelle.