Guinée : une fosse commune à Forecariah relance les craintes sur l’impunité des crimes politiques

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 48 lectures
Guinée : une fosse commune à Forecariah relance les craintes sur l’impunité des crimes politiques

La découverte de six cadavres aux mains attachées et aux yeux bandés dans une fosse commune à Forecariah, en Guinée, le 24 août, relance les interrogations sur l’efficacité des enquêtes judiciaires et la persistance des traumatismes liés aux violences politiques. Vingt organisations de la société civile ouest-africaine exigent une enquête « indépendante, impartiale et transparente », tandis que les autorités guinéennes, par la voix de la Commission de défense et de sécurité, promettent de « faire toute la lumière » sur ce dossier. Pourtant, les précédents, notamment la découverte d’une première fosse en 2025 dans la même région, laissent planer des doutes sur la volonté réelle de rendre justice.

Une commission sous haute surveillance

Réunie en session extraordinaire le 29 août sous la présidence du ministre délégué à la Défense nationale, Ibrahima Kalil, la Commission de défense et de sécurité guinéenne a réaffirmé son engagement à mener une enquête rigoureuse. Pourtant, les associations de défense des droits humains, sceptiques, rappellent que « aucune des enquêtes sur les graves violations des droits humains n’a abouti » jusqu’ici. Alioune Tine, porte-parole de la coalition, évoque même un retour de « la peur de l’époque de Sékou Touré », symbole d’un régime autoritaire où les disparitions forcées et les exécutions sommaires étaient monnaie courante.

L’appel à des instances régionales pour briser l’impunité

Face à l’inaction perçue des autorités locales, les vingt organisations signataires, dont Tournons la page Togo, Y en a marre au Sénégal et les Africtivistes, ont décidé de saisir la Conférence des chefs d’État de la Cédéao ainsi que la Cour africaine des droits de l’homme de l’Union africaine. Leur objectif : contourner les blocages nationaux et obtenir une pression internationale pour que justice soit rendue. Le procureur de Forecariah, bien que saisi, n’a pour l’heure communiqué aucune avancée, alimentant les craintes d’un nouveau dossier classé sans suite.

Un précédent non résolu et des questions persistantes

Cette découverte n’est pas un cas isolé : une première fosse commune avait déjà été identifiée en octobre 2025 dans la même zone. La Commission de défense et de sécurité assure avoir pris « toutes les mesures » pour garantir une enquête sérieuse, tout en appelant à éviter les « spéculations » qui pourraient entraver les investigations. Pourtant, l’histoire récente de la Guinée, marquée par des décennies de répression politique, rend ces promesses difficiles à croire sans preuves tangibles. Les familles des victimes et les défenseurs des droits humains attendent désormais des actes concrets, au-delà des communiqués officiels.

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