Guinée : un général promu malgré son acquittement dans un massacre sanglant

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 28 lectures
Guinée : un général promu malgré son acquittement dans un massacre sanglant

Un décret présidentiel surprend en Guinée : un officier acquitté dans une affaire de massacre voit sa carrière militaire relancée par une promotion au grade de général de brigade. La décision, effective dès le 3 août, intervient alors que les parties civiles ont fait appel de son acquittement, relançant ainsi le débat sur l’impunité au sein des forces de sécurité.

Un contexte judiciaire et politique tendu

L’affaire remonte au 28 septembre 2009, date à laquelle des violences ont éclaté lors d’un rassemblement politique à Conakry, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés. Bienvenu Lamah, alors colonel, était poursuivi pour son rôle présumé dans ces événements. Son acquittement le 27 juillet a été perçu comme une victoire pour les défenseurs des droits humains, mais aussi comme une source de frustration pour les familles des victimes, qui espéraient une condamnation exemplaire. La promotion qui suit, moins d’une semaine après, interroge sur les priorités du pouvoir exécutif en matière de justice et de réconciliation.

Les recours engagés par les parties civiles pourraient prolonger l’instruction, mais la décision de promotion semble déjà sceller une forme d’impunité pour les forces de l’ordre impliquées dans des exactions. Cette situation rappelle les défis persistants de l’État guinéen à garantir une justice transparente, surtout lorsque des hauts gradés sont concernés. Les observateurs soulignent également le risque d’une instrumentalisation politique de l’armée, dont la neutralité est régulièrement questionnée.

Quelles conséquences pour la crédibilité des institutions ?

La promotion de Bienvenu Lamah envoie un signal ambigu aux citoyens et à la communauté internationale. D’un côté, elle pourrait renforcer la loyauté des militaires envers le pouvoir en place, consolidant ainsi une chaîne de commandement souvent critiquée pour son manque de redevabilité. De l’autre, elle risque d’alimenter les tensions sociales, déjà vives dans un pays marqué par des crises politiques répétées et une défiance envers les institutions judiciaires.

Sur le plan international, cette décision pourrait être interprétée comme un recul dans la lutte contre l’impunité, alors que la Guinée s’était engagée à traduire en justice les responsables des violences post-électorales et des exactions commises par les forces de sécurité. Les partenaires au développement, attentifs à la gouvernance et aux droits humains, pourraient réévaluer leur soutien en fonction de l’évolution de cette affaire. Pour les victimes et leurs familles, cette promotion représente une nouvelle blessure, alors que la quête de vérité et de réparations reste inachevée.

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