Le ministre de la Justice et des Droits de l’Homme a adressé un avertissement ferme aux acteurs judiciaires de Kankan, pointant du doigt les dysfonctionnements qui minent la confiance des citoyens envers l'institution. Face à la multiplication des dossiers en attente et au manque de considération envers les justiciables, le Garde des Sceaux a annoncé une politique de sanctions imminente pour restaurer l'efficacité du service public de la justice.
Les risques de la justice privée
Le ministre a souligné un lien direct entre l'inefficacité des tribunaux et la montée de la justice privée. Selon lui, lorsqu'un citoyen, ayant épuisé toutes les voies de recours, se heurte au silence ou à l'inertie de l'appareil judiciaire, il est tenté de se faire justice lui-même. Cette défaillance institutionnelle est perçue par le gouvernement comme une menace pour la stabilité sociale, la justice étant le socle sur lequel reposent les autres secteurs de l'État.
L'impératif de célérité et de transparence
Au cœur des critiques figurent la lenteur du traitement des affaires et l'indisponibilité chronique des décisions de justice. Le ministre a déploré une pratique où, même après le prononcé d'un jugement, les parties concernées peinent à obtenir les copies nécessaires à l'exécution de la décision. Il a rappelé aux magistrats que leur mission ne s'arrête pas à l'audience : ils ont l'obligation de veiller à ce que les décisions soient rédigées dans les délais — fixés à trois jours en matière pénale — et effectivement exécutées.
Vers une politique de sanctions
Face à ces manquements, le Garde des Sceaux a annoncé qu'il userait de ses prérogatives pour sévir contre les responsables de juridictions et les magistrats ne remplissant pas leurs obligations. Cette injonction vise à responsabiliser les chefs de service et les procureurs, sommés d'assurer un suivi rigoureux des dossiers. Si le ministre reconnaît que certaines procédures complexes nécessitent un temps de traitement incompressible, il exige désormais une distinction claire entre ces cas particuliers et les dossiers courants, dont la lenteur injustifiée ne sera plus tolérée.