La Guinée-Bissau traverse une crise profonde, à la fois politique, militaire, sociale et économique, dont les répercussions pourraient dépasser ses frontières. La proximité géographique avec la Casamance, région sénégalaise, souligne l’importance d’une intervention régionale pour éviter une contagion des tensions. Dans ce contexte, le Sénégal est appelé à jouer un rôle central, notamment en raison de son élection récente dans le respect des règles démocratiques, qui lui confère une légitimité pour agir.
Une crise aux multiples facettes
Depuis le putsch survenu après la présidentielle de novembre 2025, la situation s’est fortement dégradée. Les leaders politiques, qu’ils soient au pouvoir ou dans l’opposition, sont désormais des cibles. L’ancien président élu, Fernando Diaz Dacosta, est assigné à résidence surveillée à Bissau. Quant au leader de l’opposition, Domingos Simões Pereira, ancien Premier ministre et figure historique du PAIGC, il a été extrait de son domicile par des hommes en tenue et conduit au commissariat de police. Selon ses proches, cette procédure judiciaire, ouverte devant un tribunal militaire, vise à l’écarter des prochaines élections.
Un pays en proie à l’instabilité et à la précarité
La Guinée-Bissau subit les conséquences d’une gouvernance chaotique et d’une armée omniprésente. L’économie est en ruine, les salaires des fonctionnaires ne sont plus versés, et la précarité s’étend à toutes les couches sociales. Les régions de Bafata, Biombo, Bolama-Bijagos, Cacheu, Gabu, Oio, Quinara, Tombali et la capitale Bissau sont particulièrement touchées. Le mécontentement populaire grandit, alimenté par des années de gestion politique erratique et de conflits institutionnels.
L’appel à une médiation sénégalaise
Face à cette situation, le journaliste Talibouya Aïdara, dans une tribune publiée par un média panafricain, interpelle le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye. Il souligne que la stabilité de la Guinée-Bissau est une priorité pour le Sénégal, non seulement en raison des liens historiques et géographiques, mais aussi parce que la légitimité démocratique du nouveau dirigeant sénégalais lui donne une responsabilité particulière. L’objectif est d’éviter l’irréparable et de restaurer la confiance des investisseurs et des partenaires internationaux.
La résolution de cette crise passe, selon l’auteur, par des négociations sincères entre les acteurs politiques, l’armée et la société civile. La culture de la paix doit s’imposer comme fondement d’un développement durable, dans l’esprit des idéaux portés par Amílcar Cabral, figure emblématique de l’indépendance du pays. Les bons offices du Sénégal pourraient ainsi contribuer à briser le cycle de l’instabilité et à ouvrir une nouvelle page pour la Guinée-Bissau.