Les Bissau-guinéens se prononcent ce dimanche 30 août 2026 sur un projet de nouvelle Constitution qui prévoit de renforcer considérablement les pouvoirs du président de la République. Organisé sous l'égide de l'armée, ce référendum intervient alors que le pays est engagé dans une période de transition politique dont la durée et les modalités restent incertaines.
Un vote organisé par les militaires au pouvoir
Le scrutin référendaire se déroule dans un contexte marqué par la mainmise de l'armée sur les leviers du pouvoir. Le texte soumis à la population a été élaboré sous l'autorité directe du pouvoir militaire de transition, sans qu'un calendrier clair de retour à un gouvernement civil n'ait été annoncé. Cette situation place la Guinée-Bissau une nouvelle fois sous administration militaire, une constante dans l'histoire mouvementée de ce petit État d'Afrique de l'Ouest.
Un régime présidentiel renforcé par la future Constitution
Le projet constitutionnel prévoit une extension significative des prérogatives présidentielles. Le chef de l'État se verrait confier des pouvoirs élargis en matière de nomination des hautes responsabilités, de dissolution du Parlement et de gestion des crises. Cette concentration des pouvoirs au sommet de l'État suscrite des interrogations quant à l'équilibre des institutions dans un pays régulièrement secoué par des crises politiques récurrentes.
Une participation en berne malgré le calme
Si le scrutin se déroule sans incident notable, plusieurs localités du pays font état d'une mobilisation薄弱 des électeurs dans les bureaux de vote. Cette faible affluence contraste avec l'enjeu réel du scrutin, qui pourrait redéfinir les fondements du système politique bissau-guinéen pour les années à venir. Les observateurs relèvent un apparent désintérêt d'une partie de la population, qui demeure prudente face à un processus conduit par les militaires.
Les enjeux d'une Constitution contestée dans ses conditions de adoption
Au-delà du contenu du texte, c'est la légitimité même du processus référendaire qui pose question. La rédaction et la mise au vote d'une Constitution fondamentale par des autorités militaires, sans concertation préalable avec l'ensemble des forces politiques et de la société civile, soulève des doutes sur la reconnaissance future de ce texte par l'ensemble des acteurs politiques. La communauté internationale observe ce scrutin avec attention, dans l'attente d'un retour à un pouvoir civil démocratiquement élu.