Guinée-Bissau : référendum constitutionnel sous tension, la junte en quête de légitimité

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 40 lectures
Guinée-Bissau : référendum constitutionnel sous tension, la junte en quête de légitimité

Un référendum constitutionnel organisé dimanche en Guinée-Bissau par une junte en transition divise le pays et la région. Avec une participation annoncée à plus de 55 %, les résultats provisoires pourraient être connus dès mardi, mais les conditions du scrutin et ses enjeux institutionnels alimentent les tensions.

Une réforme constitutionnelle au cœur des débats

Le référendum vise à remplacer le système semi-parlementaire actuel par un régime présidentiel fort, conférant au chef de l’État le pouvoir de nommer et révoquer le Premier ministre, de dissoudre le Parlement et de contrôler le gouvernement. Portée par la junte en place, cette réforme s’inscrit dans un contexte de transition politique marquée par des modifications controversées de la Constitution, du code électoral et de la loi sur les partis politiques. Ces changements, qualifiés de « coup de force institutionnel » par la coalition PAI-Terra Ranka, soulèvent des questions sur la légitimité du processus.

Une participation inégale et des accusations de restriction des libertés

Selon Idrissa Djalo, secrétaire exécutif de la Commission nationale des élections (CNE), la participation aurait dépassé 55 %, avec un scrutin présenté comme sans incident majeur. Cependant, l’affluence a été jugée mitigée ou faible dans plusieurs régions, notamment dans le sud (Tombali, Quinara) et l’est du pays. L’opposition, dont le PAIGC, a appelé au boycott, dénonçant un contexte de restriction des libertés publiques et une instrumentalisation du processus pour verrouiller le pouvoir avant l’élection présidentielle prévue le 6 décembre.

La CEDEAO entre fermeté initiale et recul stratégique

Initialement, la CEDEAO avait exigé le rétablissement de l’ordre constitutionnel en Guinée-Bissau. Pourtant, lors d’une visite à Bissau du chef de médiation sierra-léonais Timothy Kabba, l’organisation régionale a finalement validé la tenue du référendum, une décision perçue comme une ingérence par l’opposition. Cette fermeté s’est érodée dès juillet 2026, illustrant les tensions entre la volonté de stabilisation et les critiques sur la légitimité du processus. Les autorités de transition, quant à elles, présentent la réforme comme un outil de stabilisation institutionnelle avant les prochaines élections.

Le Briefing KUMBA

L'essentiel de l'actu panafricaine, chaque matin par email.

Discussion

Commentaires

Les commentaires sont modérés avant publication. Respectez les personnes et le débat.

Aucun commentaire publié pour le moment.

Soyez le premier à participer à la discussion.

Votre pays

KUMBA priorisera les contenus de ce pays.

Aucun pays trouvé.