En Guinée-Bissau, le pouvoir militaire au pouvoir et le Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) entrent dans un nouveau bras de fer politique. Une décision prise le 14 septembre interdit aux formations politiques d'implanter leur siège à moins de 500 mètres d'une institution souveraine, d'un hôpital, d'une représentation diplomatique ou d'une installation militaire ou paramilitaire. Le PAIGC, principal parti d'opposition et héritier de la lutte pour l'indépendance, dénonce une mesure qui intervient à quelques semaines des élections générales prévues le 6 décembre.
Les termes de la décision du 14 septembre
L'ordonnance publiée le 14 septembre exige que tous les partis politiques respectent une distance minimale de 500 mètres entre leur siège et toute institution souveraine, tout établissement hospitalier, toute représentation diplomatique ou toute installation militaire ou paramilitaire. Les formations concernées disposent d'un délai de sept jours ouvrables pour procéder à leur déménagement. Cette mesure s'applique à l'ensemble des partis, mais elle touche particulièrement le PAIGC, dont les locaux sont susceptibles de se trouver dans les zones concernées.
Le PAIGC dénonce une manœuvre à l'approche du scrutin
Le PAIGC, parti historiquement lié à la lutte pour l'indépendance de la Guinée-Bissau, a condamné cette décision en la qualifiant de restrictive. Le parti estime que cette obligation de déplacement vise à le désorganiser à l'approche des élections générales du 6 décembre. Le bras de fer entre les autorités militaires et l'opposition s'inscrit dans un contexte politique tendu, alors que le pays se prépare à un scrutin qui pourrait redéfinir l'équilibre des forces politiques.
Enjeux démocratiques et perspectives électorales
L'interdiction de siéger à proximité des institutions et des sites sensibles soulève des questions sur les libertés politiques et les conditions de participation au processus électoral. La mesure, si elle est appliquée strictement, pourrait contraindre plusieurs formations à trouver de nouveaux locaux dans des délais très courts, ce qui complique l'organisation de leurs activités de campagne. La tension entre le pouvoir militaire et le PAIGC constitue un point de suivi essentiel à quelques semaines du scrutin du 6 décembre.