L’opposant bissau-guinéen Domingos Simões Pereira, figure majeure de l’opposition à la junte militaire au pouvoir en Guinée-Bissau, devra être évacué d’urgence vers le Portugal pour des raisons médicales. Cette décision intervient après une médiation de la Croix-Rouge, selon des sources autorisées citées par un média panafricain.
L’évacuation sanitaire de Domingos Simões Pereira survient dans un contexte de tensions politiques exacerbées. L’opposant, placé en détention depuis le 10 juillet dans des conditions jugées inhumaines par ses partisans et les organisations de défense des droits humains, faisait face à une restriction drastique de ses droits de visite. Ses proches évoquent une volonté d’écarter l’opposant des prochaines élections, dans un climat politique déjà délétère.
Son dossier judiciaire s’est alourdi ces dernières semaines. Inculpé pour « tentative de coup d’État », il est désormais ciblé par une procédure devant le tribunal militaire, une institution perçue comme instrumentalisée. Pour renforcer sa défense, Domingos Simões Pereira a fait appel à un avocat sénégalais, selon des informations exclusives rapportées par le média.
Cette affaire s’inscrit dans une séquence plus large de dérive autoritaire en Guinée-Bissau. La junte militaire, dirigée par le général Horta N’Tam, est accusée de vouloir imposer un agenda électoral contesté, excluant les principales figures de l’opposition. Parmi elles, Fernando Dias da Costa, également assigné en résidence surveillée, dénonce un processus non inclusif. La présence récente d’une mission de haut niveau de la CEDEAO n’a pas dissipé les soupçons de complaisance envers les autorités militaires.
L’évacuation médicale de Domingos Simões Pereira révèle la profondeur de la crise institutionnelle et politique que traverse le pays. Entre fragilité des institutions, dérives judiciaires et persistance des réseaux criminels, la Guinée-Bissau se trouve à un tournant critique. La communauté internationale, notamment les partenaires régionaux, est désormais sous pression pour clarifier sa position face à une situation où la justice semble avoir perdu sa raison d’être : protéger le droit plutôt que servir le pouvoir.