Dans le district de Ley-Lagui, en Haute-Guinée, 10 000 habitants vivent concrètement les conséquences d'un déficit infrastructurel chronique. L'éloignement du chef-lieu de sous-préfecture, l'absence d'eau potable et l'impossibilité de capter un signal téléphonique dessinent le quotidien d'une communauté abandonnée à elle-même.
Une route impraticable malgré dix kilomètres de distance
Thiaguel Bori, chef-lieu de sous-préfecture, se trouve à seulement dix kilomètres de Ley-Lagui. Mais sur le terrain, ce tronçon se transforme en parcours du combattant. À moto, les usagers mettent entre 30 et 40 minutes pour relier les deux localités, en raison de la forte dégradation de la chaussée. Aucun pont ne permet de franchir les marigots, aggravant l'isolement en saison des pluies.
Les habitants mobilisés faute d'engins officiels
Face à l'inaction des autorités, les jeunes de Ley-Lagui se mobilisent hebdomadairement pour combler les nids-de-poule et sécuriser les passages les plus dangereux. La communauté a même participé financièrement à l'acquisition d'un marteau-piqueur pour ces travaux communautaires. Le premier imam du village, Elhadj Hambaliou Diallo, salue cet engagement tout en lançant un appel aux autorités : « Ce que nous voulons, ce sont des engins, notamment un grader, pour nous aider à réparer la route. »
L'eau potable, un luxe inaccessible en saison sèche
Le problème le plus pressant reste l'accès à l'eau. La seule source du village approvisionne également plusieurslocalités voisines. En saison des pluies, la situation reste tolerable. Mais dès la saison sèche, les femmes et les jeunes filles quittent leur domicile dès 4 heures du matin et ne rentrent qu'à midi. Des puits ont été creusés sans succès, certains dégageant une odeur nauséabonde. Saïdatou Bah, porte-parole des femmes, témoigne : « Nous souffrons énormément du manque d'eau. »
Aucune connexion téléphonique dans un district de 10 000 âmes
Ley-Lagui est dépourvue de tout réseau de couverture mobile. Ses habitants dépendent d'un signal capté de manière intermittente depuis Yembering, une localité de la préfecture de Mali, à plusieurs kilomètres. Cette absence de connectivité aggrave l'isolement et complique toute communication d'urgence.
Une communauté qui attend des réponses concrètes
Malgré la solidarité locale et les initiatives citoyennes, les habitants de Ley-Lagui ne peuvent pallier seuls l'ampleur des besoins. La réhabilitation de l'axe Thiaguel Bori-Ley-Lagui, la construction d'un pont, la création d'infrastructures d'eau potable et l'extension de la couverture téléphonique constituent des urgences que les populations attendent des pouvoirs publics et des partenaires au développement.