Depuis son exil, l’ancien président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro, cherche à redéfinir l’identité idéologique de son mouvement, Génération et peuples solidaires (GPS). En officialisant la « Mériquité », le mouvement entend rompre avec les courants politiques traditionnels importés d’Occident pour proposer une voie adaptée aux réalités africaines contemporaines.
Une rupture avec les clivages hérités du XXe siècle
Le mouvement GPS, bien que dissous par la justice ivoirienne, affirme vouloir s'affranchir des étiquettes classiques telles que le socialisme, le marxisme ou le libéralisme. Selon ses cadres, la Mériquité est le fruit d'un travail de réflexion mené par un collège d'experts, incluant des politologues, des sociologues et des juristes. Cette doctrine se positionne en opposition explicite à ce que le mouvement qualifie de « bourgeoisie ultra-libérale compradore », accusée de privilégier les intérêts étrangers au détriment des ressources nationales.
L'individu au cœur d'un humanisme moderne
La Mériquité se présente comme une troisième voie cherchant à équilibrer les droits de l'individu et les impératifs du collectif. Contrairement aux systèmes qui subordonnent la personne à l'État ou au groupe, cette doctrine part du postulat qu'aucun être humain n'est totalement autonome, car chacun est façonné par son héritage social et culturel. Le concept repose sur une articulation entre la dette de l'individu envers sa communauté et la protection de son mérite personnel. L'objectif affiché est de permettre à chaque citoyen d'exceller sans que la société ne confisque les fruits de son travail.
Une ambition de pensée structurée
En inscrivant cette démarche dans l'histoire des grandes idéologies mondiales, les partisans de Guillaume Soro rejettent l'idée d'un simple slogan de circonstance. Ils présentent la Mériquité comme une pensée rigoureuse, adossée à des textes de référence, visant à offrir une alternative aux modèles occidentaux jugés inadaptés. Si le mouvement a formalisé les bases théoriques de cette doctrine, il reste à observer comment ces principes seront traduits en propositions concrètes de gouvernance et de gestion économique, une étape que GPS promet de détailler prochainement.