Guerre au Soudan : les paramilitaires intensifient les frappes sur Khartoum

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 39 lectures
Guerre au Soudan : les paramilitaires intensifient les frappes sur Khartoum

Pour la deuxième journée consécutive, la capitale soudanaise Khartoum a subi des frappes de drones attribuées aux Forces de soutien rapide (FSR), relançant un conflit qui s’étend désormais au-delà des zones traditionnelles de tension.

Une escalade militaire aux conséquences humanitaires dramatiques

Depuis avril 2023, le Soudan est déchiré par une guerre opposant l’armée régulière aux paramilitaires des FSR, une milice autrefois alliée au pouvoir. Après des mois de calme relatif à Khartoum, les FSR ont lancé mercredi une offensive coordonnée de drones visant cinq villes sous contrôle militaire, dont certaines situées à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale. Jeudi, les combats se sont intensifiés au sud-ouest de Khartoum, notamment sur l’axe routier stratégique reliant la capitale à El-Obeid, dans le Kordofan méridional. Des affrontements ont été signalés à Jabret al-Cheikh et Bara, confirmant une stratégie de pression militaire sur plusieurs fronts.

Les frappes de drones, désormais récurrentes, s’accompagnent de tirs antiaériens et d’explosions audibles dans plusieurs quartiers de Khartoum, ainsi que dans sa ville jumelle Omdourman et à Khartoum-Nord. Les autorités militaires affirment avoir abattu plusieurs drones, mais les témoignages locaux attestent de la poursuite des attaques. Une nouvelle frappe a également été recensée à Kurmuk, à la frontière sud-est avec l’Éthiopie, une zone reprise par l’armée le mois dernier. Les sources militaires évoquent une offensive « depuis le territoire éthiopien », bien que les autorités de ce pays démentent toute présence de combattants des FSR sur leur sol.

Un conflit sans issue en vue, aggravé par une crise humanitaire sans précédent

Cette escalade survient alors que les deux camps, dirigés respectivement par le général Abdel Fattah al-Burhane et le commandant Mohamed Hamdane Daglo, refusent toute négociation, chacun cherchant à obtenir un avantage décisif sur le terrain. Les FSR, qui ont consolidé leur emprise sur le Darfour l’an dernier, étendent désormais leur influence vers le Kordofan méridional et la frontière éthiopienne, exploitant les faiblesses logistiques de l’armée régulière. La frontière avec l’Éthiopie, difficile à contrôler, sert de corridor pour les approvisionnements et les renforts, malgré les démentis officiels.

Les conséquences humanitaires de ce conflit s’aggravent : plus de 200 000 morts et plus de 12 millions de déplacés, selon les estimations des travailleurs humanitaires. L’ONU qualifie cette crise de « plus grave au monde », avec des besoins urgents en aide alimentaire et médicale. Alors que les combats s’intensifient, la population civile paie le prix fort, prise au piège entre deux factions déterminées à l’emporter par la force.

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