L’armée soudanaise marque des points décisifs dans le centre du pays en reprenant une autoroute stratégique reliant El-Obeid à Khartoum, mais les Forces de soutien rapide (FSR) ripostent par des frappes de drones meurtrières sur la ville assiégée. Une escalade qui illustre la lutte acharnée pour le contrôle des axes logistiques et des populations civiles.
Contexte et faits marquants
Depuis avril 2023, El-Obeid, ville du Kordofan-Nord, subit un siège imposé par les FSR, qui en ont fait une cible prioritaire pour asphyxier les forces armées régulières. La reprise dimanche d’une autoroute de 400 km reliant El-Obeid à Khartoum par l’armée marque un tournant. Cette route, axe nord-sud essentiel, permet désormais un approvisionnement accru vers la ville, longtemps dépendante d’un seul corridor oriental menant au Nil Blanc, régulièrement ciblé par des drones paramilitaires.
Les FSR, en réponse, ont lancé des frappes aériennes à l’aube sur deux bâtiments municipaux d’El-Obeid, endommageant notamment les locaux de l’association des avocats et une agence bancaire. Aucune victime n’a été signalée dans l’immédiat, mais l’ONU alerte sur l’escalade des violences dans la région : plus d’un millier de morts ont été recensés depuis le début de l’année dans le Kordofan, dans un contexte où les Nations unies craignent une répétition des atrocités commises à El-Fasher, au Darfour, en octobre 2025.
Enjeux et perspectives
Le contrôle de l’autoroute ouvre une « deuxième route d’approvisionnement » vers El-Obeid, selon des sources militaires anonymes, réduisant la vulnérabilité de la ville aux blocus. Cette avancée pourrait affaiblir la stratégie des FSR, qui misaient sur l’isolement de la région pour affamer les populations et les forces armées. Cependant, les frappes de drones des paramilitaires, bien que coûteuses en vies humaines, restent un outil de terreur efficace pour perturber la vie civile et militaire.
Les observateurs soulignent que chaque progression de l’armée s’accompagne d’une riposte disproportionnée des FSR, reflétant une guerre où les civils paient le prix fort. La reprise de l’autoroute ne garantit pas la fin des hostilités, mais elle redessine les équilibres locaux. Pour les habitants, comme Sabrine Mohammed, les frappes de drones sont des « soubresauts » habituels, symptomatiques d’une stratégie paramilitaire en perte de vitesse. Pourtant, l’ONU rappelle que le Kordofan-Nord reste une poudrière, où chaque avancée militaire pourrait déclencher de nouvelles vagues de violence.