Guérisseur condamné pour viols répétés sur une mineure à Touba

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 42 lectures
Guérisseur condamné pour viols répétés sur une mineure à Touba

Un guérisseur de Touba, Serigne Saliou Guèye, a été condamné à six ans de prison ferme pour avoir violé à sept reprises une élève de CP, malgré ses dénégations. La justice sénégalaise a retenu les preuves médicales et les témoignages de la victime, mettant en lumière les risques des pratiques traditionnelles non encadrées.

Un réseau de confiance détourné par l’abus

L’affaire, révélée en novembre 2024 à Touba, illustre comment des figures religieuses ou traditionnelles peuvent exploiter la vulnérabilité des familles. Sokhna Diop, mère d’une adolescente de quinze ans, avait confié sa fille à Serigne Saliou Guèye pour soigner des cauchemars consécutifs au décès de son père. Le guérisseur, rémunéré pour ce service, a selon l’accusation abusé de la confiance placée en lui. Les investigations ont révélé des déchirures et une perte de l’hymen chez la jeune fille, confirmées par un certificat médical. Ces éléments ont permis l’ouverture d’une procédure judiciaire, malgré les dénégations initiales de l’accusé, qui affirmait n’avoir embrassé la victime qu’une seule fois lors d’un selfie.

Les déclarations de la victime, A. D., ont été déterminantes. Elle a décrit sept agressions sexuelles, dont certaines sous l’emprise de potions administrées par l’accusé. Son récit, corroboré par des éléments médicaux, a contredit la version du guérisseur, qui évoquait une relation consentie et des sentiments personnels. Le parquet a souligné les contradictions dans ses propos, notamment ses déclarations antérieures reconnaissant des rapports sexuels, tout en niant le viol. La défense, quant à elle, a plaidé l’acquittement en invoquant un doute sur la culpabilité, sans succès.

Une condamnation qui interroge sur la protection des mineures

La peine de six ans de réclusion, inférieure aux dix ans requis par le procureur, reflète une justice prudente face à des affaires où les preuves peuvent être fragiles. Pourtant, la condamnation envoie un signal fort contre l’impunité des abus commis sous couvert de pratiques traditionnelles. Cette affaire rappelle les dangers des dérives dans les milieux religieux ou thérapeutiques, où la confiance accordée aux figures d’autorité peut être exploitée. Elle pose également la question de la protection des mineures dans un contexte où les violences sexuelles restent souvent sous-déclarées.

Les associations de défense des droits des femmes et des enfants appellent à renforcer les mécanismes de signalement et de suivi des victimes, ainsi qu’à sensibiliser les communautés sur les risques liés aux pratiques non régulées. En attendant, cette condamnation marque une étape dans la lutte contre les abus, même si les séquelles psychologiques pour la victime et sa famille resteront durables.

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