Grippe aviaire : un nouveau protocole vaccinal mixte pour renforcer la protection des élevages français

Par Rédaction KUMBA 2 min de lecture 35 lectures
Grippe aviaire : un nouveau protocole vaccinal mixte pour renforcer la protection des élevages français

La France s'apprête à lancer, en octobre 2026, sa quatrième campagne de vaccination contre l'influenza aviaire hautement pathogène (IAHP). Pour cette nouvelle phase, les autorités sanitaires et les laboratoires introduisent un protocole mixte inédit, combinant les solutions de Ceva Santé Animale et de Boehringer Ingelheim, afin de renforcer l'efficacité immunitaire des cheptels.

Une stratégie pour limiter les rappels vaccinaux

Jusqu'à présent, les éleveurs devaient administrer deux, voire trois doses de vaccin aux canards de plus de 250 têtes pour contrer le virus H5N1. Le nouveau protocole, dit « hétérologue », permet d'utiliser un vaccin à ARN messager en couvoir, suivi d'une seconde dose inactivée en ferme. Cette approche, expérimentée en laboratoire sur les dix-huit derniers mois, vise à prolonger la durée de l'immunité. L'enjeu est de taille : il s'agit d'éviter l'administration d'une troisième dose, une opération coûteuse et risquée pour la biosécurité des exploitations, qui nécessite l'intervention d'équipes extérieures sur les sites de production.

Un enjeu économique pour la filière

La vaccination représente un investissement significatif pour la filière du foie gras, avec un coût moyen estimé à 1,50 euro par volatile pour environ 26 millions d'oiseaux traités chaque année. Si l'État a soutenu financièrement la première campagne, sa participation est désormais limitée à 40 %, couvrant principalement les frais de surveillance. Pour les éleveurs, l'optimisation du protocole vaccinal est une nécessité économique pour prévenir les abattages préventifs massifs qui ont durement frappé le secteur entre 2015 et 2021.

La persistance du virus H5N1

La pérennité de cette stratégie vaccinale s'explique par la nature exceptionnelle du virus H5N1, qui circule mondialement depuis 1996 sans disparaître, contrairement aux souches habituelles. La pression virale reste constante dans l'environnement, portée par les oiseaux migrateurs en provenance des zones de reproduction nordiques. Cette diffusion mondiale touche désormais des zones jusque-là épargnées, comme en témoigne la récente vaccination de manchots pygmées en Australie. Face à cette menace, les experts soulignent également l'importance de la vigilance sanitaire, le virus ayant démontré sa capacité à franchir la barrière des espèces, notamment vers les mammifères, ce qui impose une surveillance accrue des risques de transmission zoonotique.

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