Dans le territoire de Moba, province du Tanganyika, le Syndicat des enseignants du Congo déclenche une grève sèche à compter du 7 septembre, après des mois d'attente face à ce qu'il décrit comme l'inaction de l'État sur les conditions de vie et de travail des enseignants du secteur public. La décision, votée lors d'une assemblée générale extraordinaire tenue le week-end, paralyse les écoles des enseignants membres du SYECO/Moba et illustre la dégradation continue du dialogue social dans cette partie de la RDC.
Un préavis resté sans réponse
Le SYECO/Moba justifie son mouvement par l'absence persistante de réaction du gouvernement à une série de revendications déjà formulées. Le secrétaire permanent, Placide Muyumba, rappelle que plusieurs dossiers transmis aux autorités sont restés sans suite, contraignant la base syndicale à durcir sa posture. Selon lui, la patience des enseignants a atteint ses limites et seule une réponse concrète de l'État peut interrompre le mouvement.
Revendications salariales et sociales
Le cahier de charges porte d'abord sur le pouvoir d'achat : le syndicat réclame le réajustement du salaire des enseignants jusqu'à 500 dollars américains. Il exige également la prise en charge des enseignants retraités, qui perçoivent leurs pensions de manière irrégulière, ainsi que la mise en place effective d'une couverture médicale. Le SYECO conteste par ailleurs les prélèvements effectués au profit de la Caisse nationale de sécurité sociale des agents publics (CNSSAP), estimant que les enseignants cotisent sans bénéficier de prestations à la hauteur de leurs attentes. La question des « nouvelles unités », c'est-à-dire des postes créés et non encore rémunérés par l'État, figure aussi parmi les urgences soulevées.
Conséquences directes dans les écoles
En pratique, le mot d'ordre est clair : tous les enseignants affiliés au SYECO doivent rester à leur domicile jusqu'à satisfaction des revendications. Les élèves des écoles concernées se retrouvent ainsi sans cours, et la rentrée scolaire 2025-2026, déjà marquée par des tensions dans plusieurs provinces, subit un nouveau coup d'arrêt dans le Tanganyika. Le syndicat prévient qu'il n'entend pas lever la pression avant d'obtenir des engagements fermes.
Silence des autorités provinciales
Interrogées, les autorités de l'Éducation nationale à Kalemie, chef-lieu de la province, n'ont pas répondu aux sollicitations. Ce silence institutionnel, alors que la grève est désormais effective, laisse ouvertes plusieurs questions : une médiation est-elle envisagée, une inspection des écoles affectées sera-t-elle diligentée, et le ministère de l'Enseignement primaire et secondaire entend-il dépêcher une délégation ? La suite dépendra largement de la manière dont le gouvernement central et la province choisiront de traiter ce nouveau conflit social, dans un contexte où plusieurs territoires de la RDC font face à des revendications enseignantes récurrentes.