Les professeurs de l'Université Nnamdi Azikiwe d'Awka (UNIZIK) ont lancé une grève illimitée pour exiger le paiement complet de leurs indemnités d'août 2026. Le syndicat ASUU-UNIZIK affirme que les enseignants ne reçoivent que la moitié de leurs salaires, tandis que l'administration universitaire réfute ces allégations et pointe une difficulté à régler les allocations dues.
Motifs de la grève et revendications du corps professoral
Le chapitre nigérian de l'Academic Staff Union of Universities (ASUU) a déclaré que la suspension de toutes les activités académiques et administratives devait perdurer jusqu'au versement intégral des indemnités d'août 2026 à l'ensemble de ses membres. Selon les enseignants, il s'agirait de la troisième fois que les salaires sont partiellement versés, ce qui justifie, à leurs yeux, le recours à une action industrielle illimitée.
Réponse de l'administration de l'UNIZIK et contraintes budgétaires
Le porte-parole de l'université, Aloysius Attah, a contesté l'affirmation selon laquelle les professeurs ne recevraient que la moitié de leurs salaires, précisant que les salaires sont « intacts » et que le problème porte uniquement sur les « Earned Academic Allowance ». L’institution explique que le financement de ces allocations dépend des recettes internes (IGR) et que, faute de ressources suffisantes, elle ne peut pas régler la totalité des montants. Attah rappelle que le gouvernement fédéral a conclu un accord avec le syndicat national d’ASUU pour le paiement de ces allocations, mais que les universités doivent avancer les fonds à partir de leurs propres recettes, avec la promesse d’un remboursement ultérieur. L’université dépense au moins 500 millions de nairas chaque mois pour ces allocations, mais un déficit dans les IGR a entraîné le retard de paiement.
Implications pour le financement de l'enseignement supérieur au Nigeria
Cette confrontation met en lumière les difficultés structurelles de financement des universités publiques nigérianes, où la dépendance aux recettes internes rend la couverture des engagements salariaux incertaine. Le refus des enseignants de reprendre leurs fonctions malgré un entretien avec le vice‑chancelier, qui a sollicité un délai supplémentaire pour mobiliser les fonds, souligne la tension entre les exigences salariales et les capacités budgétaires de l’État. Si la grève se prolonge, elle risque d’impacter la continuité pédagogique, la recherche et la réputation de l’institution, tout en alimentant le débat national sur la viabilité du modèle de financement actuel des établissements d’enseignement supérieur.