Depuis le lundi 12 octobre, la route de 60 km reliant Bunia à Kasenyi, le long du lac Albert, est paralysée : plus de deux cents véhicules sont bloqués au poste de péage de Dele, suite à une grève des transporteurs qui dénoncent l’état critique de l’infrastructure.
Blocage massif du corridor routier Bunia‑Kasenyi
Les transporteurs de marchandises en provenance d’Ouganda ont déposé leurs camions sur le tronçon dégradé, invoquant des nids de poule, des bourbiers et une série d’accidents quotidiens. Les témoignages concordants indiquent que chaque jour, au moins deux renversements de camions se produisent, malgré le paiement des taxes de péage. Cette situation a conduit à l’immobilisation de plus de 200 véhicules, tant du côté ougandais que congolais.
Impact direct sur les échanges et les producteurs locaux
La suspension du trafic affecte immédiatement les commerçants qui utilisent ce corridor pour acheminer des produits périssables tels que les pommes de terre et les tomates. Une mère de cinq enfants, bloquée depuis deux jours, a déclaré que sa seule source de revenu dépend de la marchandise qu’elle ne peut livrer. De même, les camions transportant des moellons vers le site des Monts Bleus sont dans l’incapacité de poursuivre leur trajet, ce qui retarde les chantiers de construction locaux.
Exigences des acteurs du transport et état du réseau
Les grévistes réclament la réhabilitation intégrale de la route, qu’ils jugent dangereuse et inadaptée aux flux commerciaux entre Bunia et l’Ouganda. Ils soulignent que le mauvais état du revêtement entraîne non seulement des pertes matérielles, mais aussi des risques accrus pour la sécurité des conducteurs. Malgré le paiement régulier des taxes, les transporteurs estiment que les autorités provinciales n’ont pas honoré leurs engagements en matière d’entretien.
Réaction des autorités et perspectives d’intervention
À la date de publication, les démarches entreprises auprès du gouvernement provincial pour obtenir une réponse concrète n’avaient pas abouti. Les transporteurs et les commerçants appellent les responsables à intervenir rapidement afin d’éviter une détérioration supplémentaire du commerce transfrontalier. Une résolution rapide de la crise pourrait non seulement rétablir la fluidité des échanges, mais aussi prévenir une aggravation des accidents et des pertes économiques pour les acteurs locaux.