L’intersyndicale SYNPICS-SYNPAP de la Radiodiffusion Télévision Sénégalaise (RTS) dépose ce mardi 1er septembre 2026 un préavis de grève historique, marquant une escalade dans le conflit social qui oppose les syndicats à la direction depuis près de trois ans. La démarche, prévue à 11 heures au Point E à Dakar, vise à contraindre la direction générale à rétablir l’accord d’entreprise suspendu unilatéralement et à relancer le dialogue.
Un préavis inédit pour une crise persistante
Ce dépôt de préavis constitue une première dans l’histoire de la RTS, reflétant l’exaspération des syndicats face à une situation bloquée depuis 2023. Les organisations SYNPICS et SYNPAP dénoncent une suspension unilatérale de l’accord d’entreprise, texte encadrant les conditions de travail des agents, sans consultation préalable. Selon elles, cette décision a aggravé les tensions et rendu toute négociation impossible.
En février 2026, les syndicats avaient déjà quitté une réunion de négociation, l’accord d’entreprise n’étant même pas inscrit à l’ordre du jour. Leur exigence reste inchangée : le rétablissement immédiat de l’accord et l’ouverture de discussions pour sortir de l’impasse.
La direction sous pression : entre refus du dialogue et gestion de crise
La direction générale de la RTS, dirigée par Pape Alé Niang, est pointée du doigt pour son refus persistant de dialoguer. Les syndicats accusent la direction de privilégier une approche autoritaire, aggravant une crise sociale déjà profonde. Le dépôt du préavis intervient après des mois de tensions, où les agents dénoncent des conditions de travail dégradées et un manque de transparence dans la gestion.
Un point de presse est prévu après le dépôt du préavis pour annoncer un nouveau plan d’actions. Les syndicats promettent une mobilisation renforcée si leurs revendications ne sont pas satisfaites, risquant de paralyser davantage une institution déjà fragilisée.
Quelles conséquences pour la RTS et le paysage médiatique sénégalais ?
Cette grève annoncée pourrait avoir des répercussions majeures sur la RTS, média public clé du Sénégal. Une paralysie prolongée risquerait d’affaiblir la crédibilité de l’institution, déjà critiquée pour sa gestion interne. Par ailleurs, ce conflit illustre les défis des médias publics africains, souvent pris en étau entre des exigences budgétaires et des revendications sociales croissantes.
Pour les syndicats, il s’agit d’une bataille pour la dignité des travailleurs et la préservation des acquis sociaux. Leur détermination pourrait forcer la direction à reconsidérer sa position, mais le risque d’une escalade reste réel. La suite des événements dépendra de la capacité des deux parties à trouver un terrain d’entente avant l’expiration du préavis.