Lors de la 10e réunion des ministres en charge des Mines de la Conférence internationale sur la région des Grands Lacs (CIRGL) à Lusaka, le ministre congolais Louis Watum Kabamba a plaidé pour une transformation radicale de la gouvernance minière régionale. L'enjeu est de passer des engagements politiques à des mécanismes opérationnels stricts pour assainir les chaînes d'approvisionnement et favoriser l'industrialisation locale.
Renforcer la traçabilité pour sécuriser les investissements
La crédibilité des minerais issus de la région des Grands Lacs sur le marché international dépend directement de la fiabilité des systèmes de contrôle. Le ministre Louis Watum a insisté sur la nécessité de mettre en place des dispositifs de certification robustes et un partage d'informations fluide entre les États membres. Cette transparence est présentée comme un levier indispensable pour rassurer les investisseurs internationaux, de plus en plus exigeants en matière de conformité et de responsabilité sociale, tout en limitant drastiquement les circuits illicites qui alimentent l'instabilité.
Dépasser l'extraction brute par la transformation locale
Au-delà du contrôle, le ministre congolais a placé la transformation locale au cœur de la stratégie régionale. L'objectif est de rompre avec le modèle traditionnel d'exportation de matières premières brutes pour capter davantage de valeur ajoutée sur le continent. Cette ambition nécessite toutefois une coopération économique accrue entre les pays membres, notamment pour mutualiser les capacités industrielles, garantir une énergie fiable et harmoniser les environnements des affaires afin de stimuler la création d'emplois et la diversification économique.
Les ressources naturelles comme levier de stabilité régionale
La gestion des ressources minières est indissociable des défis sécuritaires de la région. En limitant les flux commerciaux échappant aux circuits légaux, les États membres espèrent transformer leurs richesses naturelles en vecteurs de développement durable plutôt qu'en sources de conflits. La réussite de cette vision, portée également par le président Félix-Antoine Tshisekedi, dépendra de la capacité des administrations nationales à coordonner leurs actions au-delà des frontières et à traduire les résolutions de Lusaka en résultats économiques tangibles pour les populations.