Gouvernance du football mondial : l'UEFA engage un bras de fer décisif contre Gianni Infantino

Par Rédaction KUMBA 3 min de lecture 24 lectures
Gouvernance du football mondial : l'UEFA engage un bras de fer décisif contre Gianni Infantino
Photo par hayati ilker ergün sur Pexels

La gouvernance du football mondial traverse une crise sans précédent, marquée par une rupture ouverte entre la FIFA et l'UEFA. Sous l'impulsion d'Aleksander Ceferin, l'instance européenne orchestre une fronde diplomatique contre Gianni Infantino, dénonçant une dérive autoritaire et une volonté de surcommercialisation du sport qui menacent l'équilibre des pouvoirs au sein de l'institution internationale.

Une escalade des tensions autour du projet FFE

Le point de rupture a été atteint fin juillet avec la révélation du projet « Fifa Forward Entreprise » (FEE), visant à ouvrir 20 % des activités commerciales de la FIFA à des investisseurs privés. Cette initiative, perçue comme une tentative de privatisation de la Coupe du monde, a provoqué une levée de boucliers immédiate. L'UEFA, rejointe par les confédérations asiatique et nord-américaine, a menacé de boycotter les compétitions de la FIFA, forçant Gianni Infantino à suspendre son projet. Cet épisode a durablement entamé l'aura d'invulnérabilité du dirigeant italo-suisse.

La stratégie diplomatique de l'UEFA

Pour contrer l'influence de la FIFA, l'UEFA mise sur une unité inédite de ses 55 membres. En se positionnant comme le rempart contre les dérives financières, l'organisation européenne cherche à protéger ses propres intérêts économiques, notamment la Ligue des champions, directement concurrencée par les nouveaux formats de tournois mondiaux portés par Infantino. Ce travail de lobbying s'étend désormais aux sphères politiques, avec des soutiens affichés de dirigeants comme le Premier ministre britannique Andy Burnham ou le président français Emmanuel Macron, contrastant avec l'appui public apporté à Infantino par Donald Trump.

Le verrou du système électoral de la FIFA

Malgré cette pression, le départ de Gianni Infantino reste incertain. Le système électoral de la FIFA, où chaque fédération nationale dispose d'une voix égale, favorise le président en place, qui s'appuie sur une politique de redistribution financière pour fidéliser les nations les moins dotées. Si l'UEFA domine sur le plan économique et diplomatique, elle peine à convaincre les fédérations hors d'Europe, qui perçoivent parfois l'instance européenne comme une entité arrogante. La bataille se déplace désormais au sein des 211 associations nationales, où chaque camp tente de sécuriser ses soutiens en vue des prochaines échéances électorales.

Une image de marque en question

Au-delà de la lutte de pouvoir, cette crise soulève la question de l'autorégulation du sport. Les observateurs notent que l'UEFA, tout en critiquant la commercialisation excessive de la FIFA, mène elle-même des réformes structurelles pour accroître ses revenus. Cette posture de « chevalier blanc » adoptée par les Européens masque des enjeux pragmatiques : maintenir une influence prépondérante sur le football mondial tout en évitant une intervention directe des autorités politiques dans la gestion de leurs affaires internes.

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