Un récent rapport du Fonds monétaire international (FMI) sur la gouvernance des entreprises publiques (SOE) au Ghana a déclenché une vive polémique politique. Rockson-Nelson Dafeamekpor, député et whip de la majorité, accuse l'institution financière de partialité à l'encontre du gouvernement actuel, dénonçant une critique sélective des pratiques de nomination.
Une remise en cause de la neutralité du FMI
Le cœur du différend réside dans l'analyse du FMI concernant la politisation des conseils d'administration et des directions générales des entreprises d'État. Si le rapport souligne des progrès dans le cadre législatif, il pointe du doigt une réalité persistante où les nominations restent centralisées à la présidence et largement influencées par des affiliations partisanes. En réaction, M. Dafeamekpor a vivement contesté ces conclusions, affirmant que le FMI fait preuve d'une sévérité accrue envers l'administration actuelle tout en ayant, selon lui, facilité des pratiques similaires sous les gouvernements précédents du NPP. Le député a menacé de rendre publique une liste exhaustive des nominations politiques effectuées entre 2017 et 2024 pour étayer ses accusations de deux poids, deux mesures.
Le défi de la performance financière face à la gouvernance
Le rapport du FMI, bien que publié en septembre 2026, s'appuie sur des données financières allant jusqu'en 2024, une période précédant le second mandat du président John Dramani Mahama. Parallèlement, le rapport 2025 de la State Interests and Governance Authority (SIGA) dresse un bilan financier plus contrasté, faisant état d'un bénéfice net combiné de 19,80 milliards de GH¢ pour 2025, contre une perte de 2,25 milliards l'année précédente. Cette amélioration globale masque toutefois des disparités persistantes, certaines entités comme l'Electricity Company of Ghana (ECG) enregistrant des pertes chroniques depuis plusieurs années.
Les recommandations structurelles du FMI
Au-delà des tensions politiques, le FMI insiste sur la nécessité de réformes structurelles pour limiter les risques budgétaires, qui s'élevaient à environ 25 % du PIB en 2024. L'institution préconise l'instauration de procédures de sélection basées sur le mérite et une réduction graduelle de la présence de responsables politiques au sein des conseils d'administration. Selon le FMI, l'actuel système de nomination affaiblit la relation de redevabilité entre les conseils et les directions, ces dernières étant davantage incitées à répondre aux injonctions politiques qu'aux impératifs de gestion professionnelle.
Un débat national sur l'indépendance des institutions
La controverse soulève un enjeu majeur pour le Ghana : la capacité des institutions de contrôle à opérer indépendamment des clivages partisans. Alors que le FMI maintient que ses recommandations visent à renforcer la durabilité financière et la transparence, les acteurs politiques locaux perçoivent ces interventions comme une immixtion dans l'arène nationale. Le débat se cristallise désormais sur la légitimité des critères de nomination, opposant la nécessité d'une expertise technique à la pratique ancrée des nominations politiques dans la gestion des ressources stratégiques du pays.