GoPro, symbole des caméras d'action, tourne une page de son histoire en fusionnant avec Starman Optical pour 285 millions de dollars. L'objectif ? Quitter un marché saturé pour investir l'intelligence artificielle, la défense et l'aérospatiale, tout en effaçant ses dettes de 92 millions de dollars.
Une fusion pour effacer le passé et financer l'avenir
Les actionnaires de GoPro recevront 1,14 dollar par action en espèces, soit un total de 285 millions de dollars, tout en conservant 10 % du capital de la nouvelle entité. Une opération structurée par la banque Houlihan Lokey, qui permettra à GoPro de solder ses 92 millions de dollars de dettes dès la clôture, prévue fin 2026. Une bouffée d'oxygène financière pour une entreprise passée de 4 milliards de valorisation en 2014 à seulement 150 millions en 2026.
Starman Optical injecte l'expertise photonique dans la nouvelle entité
Starman Optical, spécialiste des transcepteurs optiques, apporte à GoPro une technologie clé pour les data centers et l'IA. Ces composants, fabriqués aux États-Unis, répondent à la demande croissante de solutions locales face aux importations asiatiques. Avec plus de 2 500 brevets en optique et imagerie, GoPro mise sur cette fusion pour se positionner sur des marchés porteurs comme la défense, l'aérospatiale et la robotique.
Un pari sur l'IA et la souveraineté technologique américaine
Les dirigeants des deux entreprises insistent sur la volonté de relocaliser la production de composants optiques stratégiques. Nicholas Woodman, fondateur de GoPro, évoque un projet ambitieux : faire de l'entreprise un leader américain de l'imagerie et de l'optique, ciblant à la fois le grand public et les marchés gouvernementaux. Charles Tebele, CEO de Starman Holding, souligne l'opportunité de répondre à la demande en solutions « made in USA » dans un secteur en pleine expansion.
L'opération sous haute surveillance
L'accord, validé par les conseils d'administration, attend désormais l'approbation des actionnaires et des régulateurs. Le titre GoPro (GPRO) a déjà réagi positivement, boosté par l'entrée de l'influenceur Markiplier comme premier actionnaire individuel avec 8,5 % du capital. Reste à savoir si cette stratégie suffira à redonner à GoPro une place centrale dans l'imaginaire collectif, au-delà de son héritage sportif.